27 octobre 2009 - 1 réactions
Certaines des raisons invoquées pour supprimer des maternités et des services chirurgicaux sont à prendre en considération. Mais outre que les conséquences, y compris économiques, de ces restructurations sont occultées, la véritable motivation de cet amoindrissement de l'Etat à travers la suppression des services publics est idéologique. Dans les années soixante-dix, beaucoup d'élus locaux voulaient des hôpitaux sur leur territoire «pour créer des emplois» (infirmières et personnels non médicaux). Corriger cette erreur d'objectif en s'appuyant sur les évolutions démographiques est une entreprise nécessaire. Comme est salutaire toute réorganisation visant à optimiser l'efficience des personnels et d'un équipement souvent coûteux. Cependant, la véritable nature idéologique des amputations en cours est trahie par le discours culpabilisateur qui suinte de la peu crédible «lutte contre les déficits». Quand Éric Woerth, ministre du Budget, tente de culpabiliser les malades en sous-entendant qu'ils aiment se promener en ambulance car les coûts de transport ont fortement augmenté en 2008, il oublie que l'allongement des trajets est la conséquence directe de la suppression de maternités et d'hôpitaux. Une rationalisation des choix budgétaires exigerait que soient pris en compte les coûts cachés des suppressions qui sont à l'origine du départ de médecins généralistes, de cabinets de radiologie, de professions paramédicales. Les déserts médicaux coûtent cher en trajets d'ambulances, en complications pathologiques. Mais la suppression des services publics obéit à une volonté néo-conservatrice d'amoindrir l'Etat, à seule fin d'alléger la charge fiscale des plus riches tout en creusant délibérément les déficits dans le but de paralyser la gauche si, un jour, elle revenait au pouvoir.
