6 novembre 2009 - 1 réactions
On se console comme on peut. Défié par sa majorité jugeant l'ouverture comme un gadget qui peut parfois se révéler explosif, on l'a vu avec l'affaire Frédéric Mitterrand, tout en s'interrogeant sur l'opportunité de supprimer la taxe professionnelle, Nicolas Sarkozy se réjouit que l'étoile d'Obama, l'une de ses obsessions, décline dans son propre pays.
Et le Président de souligner dans une récente interview au Figaro à quel point ses prédécesseurs étaient plutôt en moins bonne posture que lui à mi-mandat. Mais déjà les thuriféraires se font plus discrets et l'esquisse d'un bilan se dessine alors que la priorité du moment reste d'éviter une déroute de la droite aux régionales. Quant au chef de l'Etat dont les emportements ont gommé l'image de sérénité qu'il voulait imposer, il admet désormais ses fautes de goût afin qu'on lui reconnaisse sur le fond ce qui pèche dans la forme. Vitesse, réactivité, pugnacité, personne ne lui conteste ses qualités appliquées à la gestion des crises. En revanche, c'est sa volonté de moderniser ce vieux pays qu'est la France qui rencontre le plus de difficultés. Le problème est d'avoir ouvert beaucoup de chantiers afin de diluer les résistances au risque de mélanger l'essentiel et l'accessoire. De trop vouloir faire des «coups». Car la crise a tellement plombé nos finances publiques que sa marge de manoeuvre est faible, hormis en communication où il fait preuve d'une grande créativité. La création d'une taxe carbone, la réforme de la justice, de La Poste ou des collectivités locales sont assurément utiles mais pèsent peu face aux dossiers lourds que sont la Sécurité sociale ou les retraites dont le traitement est repoussé après les régionales. En faisant taire le conseiller Henri Guaino qui n'a aucune notion des chiffres et en signifiant que le grand emprunt devait être ramené à des proportions plus raisonnables, François Fillon, que l'on disait marginalisé, a fait preuve d'autorité. Justice, presse ou Parlement, la nouveauté est que les contre-pouvoirs se portent bien et que la dérive vers un régime autoritaire a été freinée par la solidité de nos institutions.
