14 octobre 2009 - 1 réactions
«Il y a un vrai malaise dans la majorité. Et le problème avec le Président, c'est qu'il n'écoute personne», explique le principal collaborateur d'un haut personnage de l'Etat, peu suspect d'anti-sarkozysme primaire. En réalité, par peur du souverain ou par phénomène de cour, plus personne n'ose lui dire quand les limites sont franchies, ce qui constitue un véritable écueil pour la survie du système. Ou du moins sa reconduction en 2012, ce qui rend nerveux les parlementaires de droite. Car, avec l'investiture annoncée de Jean Sarkozy à l'Etablissement public de La Défense, une erreur manifeste a été commise par l'Elysée. Car c'est trop gros pour un homme si jeune, même si l'idée est que «plus c'est gros, plus ça passe». Une question de décence, en quelque sorte, quelles que soient les qualités de l'impétrant. Surtout que, le même jour, le Président défendait le principe de l'égalité des chances au lycée. Or, le pays est fondé sur un pacte républicain que l'on ne peut tordre indéfiniment dans tous les sens. Que la majorité de droite, qui a porté Nicolas Sarkozy au pouvoir, ait des états d'âme sur le RSA et l'explosion des déficits, l'ouverture, la suppression de la taxe professionnelle ou la création de la taxe carbone ou encore la cagnotte pour lutter contre l'absentéisme, tout cela fait partie du débat démocratique normal. Sur ces sujets complexes, le Président fait souvent preuve de finesse, quitte à tourner le dos aux promesses de campagne. Mais ce qui compte dans l'affaire de La Défense, c'est la force du symbole, le sentiment que l'on change de République, que la France est livrée à un clan et, de fait, tournée en dérision à l'extérieur. Notamment par les Chinois qui se vengent de nos leçons sur les Droits de l'homme. En balayant les critiques et en refusant de voir son erreur, le pouvoir se fragilise. Car l'élection de 2012 se jouera aussi sur les valeurs morales...
