21 octobre 2009 - 1 réactions
Laborieuse et trop longue, la plaidoirie de l'avocat de Nicolas Sarkozy, la veille, avait été interrompue par le président Pauthe, lui demandant d'y mettre un terme. Pour un ténor du barreau, Me Herzog avait raté son effet et n'avait pas vraiment convaincu que Dominique de Villepin pouvait être «l'instigateur» de l'affaire Clearstream.
Plus démonstratif sur la mauvaise foi de l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, le réquisitoire du parquet a permis hier d'y voir un peu plus clair en mettant l'accent sur les victimes de cette dénonciation calomnieuse par voie de faux listings. En particulier l'ancien dirigeant de la firme aéronautique, Philippe Delmas, arrêté à Toulouse pour avoir eu le tort d'être le rival de Gergorin. Lequel se paiera le luxe de déclarer au Figaro: «Je ne suis pas le corbeau», après avoir tenté d'instrumentaliser la Justice et avant de lancer une contre-offensive médiatique et judiciaire, tout en se déclarant «choqué» par les placements en détention qu'il avait suscités. Il y a chez ce «Dr Jekyll and Mr Hyde» un mélange de machiavélisme et de naïveté qui aboutissent à un cocktail explosif. Car l'homme n'emploie jamais le conditionnel, tout en affirmant que ses allégations ne sont pas vraies mais crédibles. Et pourtant, comme le souligne l'accusation, il s'agit d'un plan minutieusement construit par cet étrange Monsieur Gergorin, proche, selon son entourage chez Lagardère, de la paranoïa. Mais aussi mythomane quand il affirmait sa sécurité menacée. En soulignant que Gergorin était le cerveau de cette manipulation, le réquisitoire considère que Villepin n'en était pas à l'origine, il n'y a aucune preuve, mais ne l'absout pas pour autant. En effet dès l'été 2004, ayant enfin pris conscience de la manip', il cautionne par son silence les agissements de Gergorin, estime le procureur Jean-Claude Marin. Logique de clan? Peur sans doute que la vérité rejaillisse sur son honneur auquel il est tant attaché. Mais la vérité a fini par éclore, malgré ses dénégations. Et les avocats de Villepin devront batailler pied à pied pour réfuter cette accusation.
