31 octobre 2009
Là où Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice, a raison, c'est sur l'urgence de prendre des mesures contre les violences conjugales. 156 femmes mortes sous les coups de leur conjoint en 2008, c'est beaucoup. C'est trop. Ça ne devrait pas être. Et certaines des dispositions annoncées, comme l'éloignement du domicile aux concubins ou pacsés, les mesures de protection temporaire ou encore les bureaux d'aide aux victimes, comme ceux mis en place à Douai, ville pilote en ce domaine, semblent tout à fait aller dans le bon sens. Mais le portable? Avec un bouton unique sur lequel il suffirait d'appuyer pour que l'alerte soit sonnée dans un commissariat? Ce portable spécial «conjoint battu» que toute victime potentielle se devrait de porter dans ses affaires ou avoir à proximité au cas où son bourreau lèverait la main sur elle? Qu'on imagine la scène sans sourire, si l'on peut, car le sujet n'est pas drôle. Une femme (puisqu'en majorité ce sont des femmes qui subissent ces violences) qu'un homme roue de coups avec les poings ou tout autre objet à sa disposition, qui au moment crucial sortirait ainsi un portable de sa poche un peu comme l'arme suprême? «Arrête, arrête, ne me touche pas, et d'ailleurs, si tu continues, j'appuie sur le bouton rouge». Ce kit anti-conjoint violent fait un peu penser au kit anti-suicide en prison, avec pyjamas en papier et matelas ininflammables... proposé d'ailleurs par la même ministre il y a quelques mois. Un gadget téléphoné dont la seule utilité semble être l'effet d'annonce. Et qui sera oublié aussi vite qu'il a été lancé.
