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Budget, monde rural... Pas de répit pour Sarkozy

26 octobre 2009

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Budget 2010, sécurité sociale, chute du dollar, crise dans le monde rural... Une rude semaine attend à nouveau Nicolas Sarkozy.

Accalmie après les tempêtes. A première vue, oui. Les députés UMP, indociles au point de laisser passer un amendement socialiste de taxation des banques, devraient rentrer dans le rang. Jean Sarkozy ne devrait plus faire parler de lui avant l'élection du président de l'Epad, à laquelle il participera le 4décembre. L'affaire Clearstream et Dominique de Villepin ne devraient plus faire la une avant le verdict du 28janvier ? date du 55e anniversaire de Nicolas Sarkozy. D'ici là, on parlera de Jacques Chirac: l'ancien président saura, cette semaine, s'il doit comparaître en tant qu'ancien maire de Paris pour détournement de fonds public; il publiera, la semaine prochaine, des Mémoires très attendus. L'actuel président, lui, devrait pouvoir souffler un peu, tandis que beaucoup de Français partent en vacances.

Grogne ou désespoir
Sauf que les débats prévus, cette semaine, à l'Assemblée nationale ? Sécurité sociale, budget ? vont remettre le projecteur sur nos déficits, alors que la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, voudrait tellement qu'on parle de la reprise de la consommation. Sauf que la chute du dollar affecte nos exportations et que notre industrie décroche. François Fillon l'a annoncé, samedi, dans la Sarthe: nous perdons cinq points sur les marchés mondiaux, quand l'Allemagne n'en perd qu'un. Enfin, les agriculteurs, qui ont vu leurs revenus chuter, sont au bord du désespoir. Le président du conseil général de la Manche a révélé que, depuis mai, six paysans s'étaient suicidés dans son département. Ce mal, moins médiatisé, mais aussi grave qu'à France Télécom, ne touche plus seulement les vieux.

Plans d'urgence
Face à ce sombre tableau, le président de la République ne peut pas compter sur son grand emprunt: les membres de la commission et les deux anciens Premiers ministres (Rocard et Juppé) chargés de réfléchir aux «priorités nationales» révisent les objectifs à la baisse. De 100milliards d'euros, on est tombé à 30milliards. Une fois de plus, Nicolas Sarkozy va donc devoir redescendre sur le terrain. Demain, malgré les risques de manifestations, il se rendra dans une exploitation du Jura: pour y tenir un discours sur l'agriculture «élément stratégique» et pour annoncer un plan d'urgence comprenant des exonérations de taxes et des allégements de charges. Une fois de plus, on l'accusera de vider des caisses déjà vides. Mais comment faire autrement quand on veut, à la fois, empêcher l'évasion fiscale des banquiers et porter secours à «la France qui souffre?» A la question, «comment va la France ?», Sarkozy ne peut que répondre, «je cours pour qu'elle aille mieux demain».

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