22 septembre 2009
En Bretagne comme partout dans l'Hexagone, les producteurs de lait ne relâchent pas la pression. Ils ont mené, hier, plusieurs actions.
Blocage ou filtrage des accès de laiteries, épandage dans des champs et parfois opération escargot dans des centres-villes... Au onzième jour de la grève du lait, les éleveurs ont multiplié les actions, hier, dans bon nombre de départements français. En Bretagne, le rassemblement le plus spectaculaire a eu lieu dans les Côtes-d'Armor, à Sainte-Tréphine. Plusieurs centaines d'agriculteurs venus de ce département mais aussi du Morbihan (Auray et Lorient) ont convergé vers cette petite commune du Centre-Bretagne. Après plusieurs prises de paroles, les quelque 300 tracteurs présents ont déversé du lait sur une immense parcelle. Selon les membres de l'Apli (Association des producteurs de lait indépendants), ce sont plus de deux millions de litres de lait qui ont ainsi été épandus.
Le jeûne a débuté
Toujours dans les Côtes-d'Armor, à Rostrenen, des femmes de producteurs de lait ont débuté un jeûne sur le parking de la Cité administrative. À Quimper, 150 producteurs de lait venus du sud-Finistère ont bloqué la laiterie Entremont. 80 tracteurs ont ceinturé le transformateur, sans entraver la circulation. En fin d'après-midi, une quarantaine de tracteurs a voulu se rendre au centre-ville afin qu'une délégation soit reçue par le préfet. Le convoi a finalement été stoppé par la police. La Confédération européenne des producteurs laitiers (European milk board) a annoncé pour aujourd'hui un nouvel épandage collectif à Landrévarzec (29). Dans le nord-Finistère, à Lesneven, une centaine d'agriculteurs ont installé un barrage filtrant à l'entrée de la coopérative Even, notamment pour vérifier la provenance du lait. A Carhaix, hier soir, la centaine de producteurs qui bloquaient la laiterie Entremont-Alliance ont voté la fin de cette action. À Pont-Scorff (56), 80 producteurs se sont retrouvés dans un champ. Ils ont reçu le directeur de la laiterie Lorco, Denis Gogo, venu à leur rencontre. À l'un des agriculteurs qui déclarait que «la réactivité des prix profite toujours aux transformateurs», Denis Gogo a indiqué que «la coopérative, c'est l'entreprise des adhérents. On est dans la même barque. C'est la panade sur le marché du lait.»