5 novembre 2009 - 1 réactions
L'hypermarché français a 40 ans et certaines enseignes annoncent une baisse de leurs ventes. Un contexte de crise et de concurrence accrue avec les magasins spécialisés les oblige à se remettre en question.
L'hypermarché français fait sa crise de la quarantaine. Deux des principaux groupes de la grande distribution dans l'Hexagone viennent d'annoncer une chute des ventes de leurs hypers au troisième trimestre: - 9,8% pour Casino et - 7% pour Carrefour. C'est ce dernier qui a introduit en France, il y a 40 ans, l'hypermarché et il fait partie des enseignes qui sont en train de le repenser. Cette remise en cause ne concerne pas tous les acteurs. Leclerc considère, lui, que son «format d'hypermarché fonctionne très bien».
Les plus de 6.000 m² affectés par la crise
Auchan défend toujours le modèle du «tout sous le même toit» et vient même d'agrandir à 19.700m² et 205.000 références son plus gros magasin, à Velizy (Hauts-de-Seine), où il propose des stands très spécialisés dans les métiers de bouche. En fait, souligne Sébastien Monard, du cabinet d'études Nielsen, ce sont plutôt les hypermarchés de plus de 6.000m² qui sont affectés depuis le début de la crise, tandis qu'un format d'hypermarché plus petit, comme celui de Leclerc, «fonctionne très bien».
La fin du superflu
La hausse du prix du carburant a incité les consommateurs à fréquenter des magasins plus proches de chez eux, explique l'expert. Les hypers ont également souffert de leur abondance de choix, car le consommateur a voulu réduire ses dépenses, éliminer le superflu, là où les hypers symbolisent la tentation. «Il existe des formats dans certaines enseignes qui vont mal et d'autres qui se portent très bien», note Laurent Thoumine, du cabinet de consultants Kurt Salmon. L'hypermarché «reste notamment rentable pour Leclerc et Auchan», tandis que Carrefour et Casino «n'ont pas trouvé la manière d'exploiter au mieux la surface dont ils disposent», estime-t-il.
Les enseignes de proximité en profitent
Cela dit, le consommateur valorise désormais le temps qu'il ne passe pas à aller à l'hypermarché et à circuler dans ses allées, ce qui favorise les enseignes de proximité. Ce segment est en train de se réinventer avec l'apparition de nouveaux concepts de magasins en centre-ville, qui proposent désormais toute une gamme de services aux consommateurs.
Des adversaires redoutables
Les hypers font aussi face à une concurrence accrue des groupes de distribution non alimentaires (électroménager, biens culturels, bricolage...) qui ont construit beaucoup de mètres carrés ces dernières années et qui deviennent des adversaires redoutables dans une catégorie de produits, souligne aussi Laurent Thoumine. Ils contraignent les hypers à deux options: réduire leur activité non alimentaire ou bien prendre en compte la concurrence locale magasin par magasin, pour savoir sur quel type de produit non alimentaire ils peuvent mettre l'accent, analyse-t-il. Casino avait anticipé ce phénomène en rachetant CDiscount tandis que Leclerc a développé l'enseigne spécialisée Leclerc Culture. Quand à la famille Mulliez, propriétaire d'Auchan, elle détient aussi le plus vaste portefeuille en France d'enseignes spécialisées comme Kiabi, Leroy-Merlin, Boulanger ou Decathlon.
«Il existe des formats dans certaines enseignes qui vont mal et d'autres qui se portent très bien.»
