2 novembre 2009
Le débat sur l'identité nationale provoque des remous non seulement sur la scène politique mais aussi du côté des historiens. «Etre français, c'est se rattacher à des traditions extrêmement différentes», souligne Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS. Il juge «insupportable» «la volonté de M. Besson d'encadrer quelque chose qui a toujours été très divers et fluide. «Ce n'est pas au pouvoir politique de décréter qu'est-ce que c'est qu'être français», souligne l'historien, auteur de l'ouvrage de référence «Qu'est-ce qu'un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution». L'historienne Esther Benbassa estime, quant à elle, que «la question, telle qu'elle est posée par Eric Besson, semble désuète». «C'est une question racoleuse, vieux jeu qui fait fi de toutes les évolutions actuelles et historiques et, qui plus est, est lancée à cinq mois des élections régionales !». «Pour qu'il y ait un véritable patriotisme français, ajoute-t-elle, il faudrait qu'il y ait un rêve français comme il y a toujours un rêve américain».
«Question cruciale»
De son côté, l'historien Max Gallo s'est déclaré «satisfait que la question cruciale de l'identité nationale soit posée». Selon lui, «il faut montrer aux nouveaux Français, comme au XIXe siècle, comment ils doivent contribuer à modifier l'identité française et, en même temps, les aider à s'y insérer».