10 septembre 2009
Au lendemain de l'évasion de Jean-Pierre Treiber, beaucoup de questions restaient en suspens. Les syndicats pointent du doigt le manque de moyens.
Pourquoi l'évasion de Treiber n'a-t-elle pas été signalée plus tôt?
Jean-Pierre Treiber avait très bien préparé son évasion (lire ci-dessus), mais aussi ses arrières. Pour ne pas éveiller les soupçons des autres détenus, dès la veille, il avait évoqué un rendez-vous chez le juge. Résultat, personne ne s'est inquiété de ne pas le voir entre le moment présumé de son évasion - vers 10h30 - et celui où elle a été constatée - vers 18h. Normalement, l'obligation pour les prisonniers de déjeuner le midi en cellule aurait dû permettre de constater cette absence dès la mi-journée, mais la consigne «n'est plus respectée par l'Administration» pénitentiaire, avance un responsable régional de l'Ufap.
Comment expliquer cette évasion?
Les syndicats ont immédiatement pointé du doigt le manque d'effectifs. Christophe Marquès, de FO-Pénitentiaire, met clairement en cause les conditions de sécurité dans les ateliers, des «zones sensibles» selon lui. «Ça fait des années qu'on dit qu'il faut être très vigilant (...) on n'y met qu'un agent, qui doit gérer à la fois la population pénale, les livraisons, le chargement et le déchargement des camions», dénonce-t-il. A la maison d'arrêt d'Auxerre (182 détenus pour 102 places, selon la CGT), l'atelier n'est «pas clos comme à Fresnes, Fleury ou dans les grands établissements», ajoute Claude Tournel, et les détenus ne sont pas escortés pour s'y rendre. Autre circonstance favorable: le surveillant affecté à l'atelier participait ce jour-là à une commission d'application des peines statuant sur le cas d'autres détenus et «était complètement débordé».
Qui peut travailler dans les ateliers?
En 2008, quelque 22.000 détenus, soit 38% du total, travaillaient en prison, dont près de la moitié pour le compte d'entreprises ayant installé un atelier dans l'établissement. Selon FO et la CGT, Treiber bénéficiait du statut «d'encadrant» des détenus en atelier qui lui permettait de circuler plus librement que les autres, et d'être bien informé sur les mouvements des camions venant de l'extérieur. FO-Pénitentiaire s'est demandé comment il avait pu se retrouver à un tel poste alors qu'«il se trouvait isolé à Fresnes» (Val-de-Marne), la maison d'arrêt où il était précédemment détenu. Une enquête administrative a été ouverte par l'Inspection générale des services pénitentiaires.
Saint-Brieuc ville. Maison d'arrêt. Une menace de fermeture plane