19 juillet 2009
Pour elles, c'était le rendez-vous de la soirée. Charlie Winston, l'autre (avec Renan Luce) joli coeur de cette édition, a fait le bonheur de ces dames.
Trop Hobo pour être honnête? D'abord, l'homme affiche un pedigree sans tache. Famille d'artiste, brillant pianiste, compositeur pour le cinéma et le théâtre à 20ans à peine. Sur le papier, tout pour faire rêver. Après, il y met les formes. 22h35, Charlie Winston sonne à l'heure. Manque juste le bouquet de fleurs pour séduire belle-maman, et le tableau serait parfait. En plus, il arrive seul, histoire de ménager ses effets. Le chapeau légèrement de travers, la barbe de trois jours, certes, mais après tout «c'est un artiste»...
Classe «so british»
Mieux vaut retenir le costume noir sur chemise blanche et cravate en soie, les souliers assortis et soigneusement vernis. Ah, et la cerise sur le gâteau: ce «Bonsoir les Vieilles Charrues. C'est beauuu», susurré au public avec cet accent britannique qu'elles trouvent «so sexy» (à prononcer avec l'accent d'ici, légèrement moins seksi, quoâ). Guitare en bandoulière, le gendre idéal gratte quelques accords à peine marqués, et laisse jouer sa voix de crooner, ses envolées de soulman blanc. Et, comme si ça ne suffisait pas, il plaque sa six cordes comme une vieille chaussette pour enchaîner au piano, sourire ultra-bright, son «In your hands». Au premier rang, 72 jeunes femmes versent une larme et oublient une fois pour toutes leurs petits copains, pourtant pas rasés depuis trois jours, eux non plus. Oui, mais eux, ils ne sont pas «tellement beaux», ne jouent pas «trop bien plein d'instruments» et n'alternent pas avec tant d'aisance «des trucs super-doux et des tubes hyper-péchus». Et, surtout, ne chantent pas «Hobo», argument suprême gardé en réserve pour conclure. La vie est injuste: Charlie Winston en est la preuve.