3 novembre 2009
Le ministre de l'Agriculture, BrunoLe Maire, a annoncé, hier, la mise à disposition, dès la semaine prochaine, des premières aides financières aux agriculteurs en difficultés. Une annonce qui a laissé sceptiques les syndicats agricoles qui redoutent une complexité du dispositif. «Mon objectif est de tout faire pour que les aides arrivent le plus rapidement possible», a lancé le ministre à l'issue d'une rencontre avec les organisations syndicales agricoles. L'objectif de cette réunion était de détailler les modalités du plan de 1,65milliard d'euros annoncé le 27octobre par le président de la République pour venir en aide à l'agriculture. Bruno Le Maire a précisé que les aides toucheront en priorité les agriculteurs les plus en difficultés, et indiqué qu'il écrirait cette semaine aux préfets pour fixer les critères d'éligibilité. Il s'agit surtout du taux d'endettement et du niveau de revenus.
Un médiateur
Le ministre a également annoncé la nomination d'un médiateur du crédit chargé d'aider à trouver des solutions aux cas les plus difficiles. Enfin, il a confirmé que les taux d'intérêts des prêts pour un montant d'un milliard d'euros s'élèveront à 1,5% pour tous les agriculteurs, toutefois les jeunes bénéficieront d'un taux préférentiel à 1%.
«Insuffisant»
«J'attends toujours de savoir si cela sera rapide, simple et efficace», a réagi Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA. Pour lui, «la réalité du moment c'est un besoin énorme de trésorerie» et le plan annoncé par le président de la République «ne sera pas à la hauteur des attentes des paysans». «De nouvelles actions ne sont pas à exclure», a-t-il ajouté. «On essaye de limiter la casse. Il s'agit de porter secours aux plus grands blessés», a estimé pour sa part François Lucas, président de la Coordination rurale pour qui «l'enveloppe est ridicule par rapport aux besoins». «Ce qui est acté, c'est la possibilité d'emprunter encore plus mais ce n'est pas gérable à long terme», a regretté de son côté Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, dénonçant un «catalogue de bonnes intentions».
