3 novembre 2009
La campagne de pêche à la coquille a débuté, hier, dans la baie de Saint-Brieuc. Pour cause de mauvais temps, seuls 85 des 230bateaux autorisés à pêcher ont pris la mer.
Hier, 85 bateaux sont partis en mer pour pêcher la coquille dans la baie de Saint-Brieuc. Le lundi et le mercredi de chaque semaine dorénavant, les pêcheurs auront 45 minutes pour ramasser des coquilles, pas une seconde de plus: les services de l'État, dont les Affaires maritimes, veillent.
Un quota de 5.200 tonnes
Lors de cette première marée de la campagne, 64tonnes de coquilles ont été ramenées dans les criées de Saint-Quay-Portrieux, Erquy et Loguivy-de-la-Mer, soit à peu près 700kg par bateau. Les patrons pêcheurs qui n'ont pu se rendre sur zone bénéficieront de séances collectives de rattrapage. Sur les 150.000 hectares de la baie de Saint-Brieuc, le plus grand gisement du pays, les règles sont strictes. Les 230bateaux autorisés à pêcher ne devront pas ramener plus de 5.200 tonnes de Saint-Jacques. Cette limite est fixée par l'Ifremer, au nom de la préservation de la ressource. La baie devrait ainsi être ouverte aux pêcheurs jusqu'en avril2010. Très convoité, le gisement attire des marins de tout le littoral nord de la Bretagne (Saint-Malo, Morlaix, Brest, Erquy, Saint-Quay-Portrieux, Saint-Cast-le-Guildo ou encore Paimpol).
À peine 2 EUR le kilo
Auourd'hui, le prix minimum du kilo acheté aux patrons pêcheurs est de 2EUR. C'est le prix fixé par les organisations de producteurs auxquelles adhèrent les pêcheurs. Hier, le kilo de coquilles saint-jacques se vendait à 2,02 EUR en moyenne dans les criées costarmoricaines. «Une fois les taxes enlevées, je suis payé 1,82 EUR, le kilo de coquilles», explique un patron pêcheur de Saint-Quay non syndiqué et propriétaire d'un bateau. «Dans les commerces, ici, le kilo est vendu aux alentours de 3EUR et 7 EUR à Paris. La marge est trop importante. Pour moi, les mareyeurs se goinfrent.»
Celtarmor, acteur majeur
Ce sont, en effet, les mareyeurs qui fixent le véritable cours de la Saint-Jacques. Les invendus sont ensuite achetés à 2 EUR par les transformateurs, principalement Celtarmor. Cette entreprise de l'agroalimentaire, basée à Saint-Quay-Portrieux, est détenue à 49% par des coopératives et 51% par le groupe Le Graët. Du côté des criées costarmoricaines, on estime que Celtarmor devrait s'adjuger près de la moitié de la coquille pêchée dans la baie cette année.
