17 octobre 2009
La commission européenne a détaillé hier, espèce par espèce, ses recommandations pour les quotas de pêche 2010. Les niveaux de captures sont en baisse de 15 à 30%.
Correspondance à Bruxelles.
Près de 5milliards d'euros: c'est la valeur économique de droits de pêche alloués en 2009 par Bruxelles. La Commission européenne qui présentait hier son nouveau plan pour 2010 a tenu à rappeler hier son autorité sur la gestion des ressources halieutiques au moment où les projets de réforme éveillent des craintes de remise en cause de la politique commune de la pêche. Comme chaque année, le tableau est sombre: sur 35 espèces sous gestion, une trentaine est surexploitée. Le cabillaud, qui est le poisson le plus pêché, est aussi le plus emblématique de cette situation: de 250.000 tonnes au début des années 1970, la population a chuté à moins de 50.000 tonnes en 2006.
Mesures draconiennes
«On est très en dessous de ce qu'il faudrait pour garantir la survie du stock à long terme», explique un expert de la Commission. Le stock est constitué de poissons trop jeunes, ce qui hypothèque sa reconstitution naturelle. Les taux de capture autorisés en 2010 sont en baisse de 25% par rapport à 2009 dans plusieurs zones, y compris celles fréquentées par les navires bretons. D'autres espèces sont également visées par des mesures draconiennes de réduction: l'aiguillat, l'églefin, le merlan, la langoustine ou la lingue bleue. La sole, qui fait l'objet, comme le cabillaud, d'un «plan de reconstitution, devra être moins pêchée dans certaines zones (Manche Est et mer d'Irlande) mais pourra l'être plus en mer du Nord ou dans le Golfe de Gascogne.
Bateaux plus performants
«La situation est mitigée et elle le restera aussi longtemps que l'on n'aura pas résolu le problème de la surcapacité», déclarait jeudi Joe Borg, le commissaire européen en charge de la pêche. Et d'ajouter: «jusqu'à présent, on n'a pas fait assez», la réduction du nombre de bateaux étant pratiquement compensée par l'amélioration de leurs performances. A la fin décembre, les ministres de la pêche des Vingt-Sept se réunissent comme chaque année pour arrêter définitivement des taux de capture probablement légèrement supérieurs à ceux recommandés hier.
