letelegramme.com

 

Economie

Pêche. Le tourteau breton malmené

16 octobre 2009

  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • L'article au format PDF

Le tourteau se vend mal. Restés à quai la dernière marée, faute de prix rémunérateurs, les gros caseyeurs finistériens repartent en mer la semaine prochaine. En principe, car le coeur n'y est pas.

«On repart oui, mais à condition de trouver des matelots. Ils ne voudront pas travailler pour des clopinettes. Certains sont déjà partis chercher du travail ailleurs», soupire Roger Calvez. Ce pêcheur de Plouescat (29) est patron du Nymphéa, l'un des quelque 15 caseyeurs finistériens spécialisés dans le tourteau et qui assurent à eux seuls la moitié de la production française (3.500 tonnes sur 7.500). Depuis trois ans, le vent a tourné pour les crabiers bretons. Non pas que la ressource soit menacée, au contraire. Le problème, c'est que ces armements hauturiers qui vont pêcher en Manche et en Atlantique Nord, avec leurs casiers chargés d'appâts, ne trouvent pas preneurs pour leur marchandise à un prix qu'ils estiment à 2euros le kg. Le tourteau breton est concurrencé par du tourteau anglais, écossais, Irlandais qui arrive entre 1,20 et 1,40 le kg.

Surproduction européenne

Le 1eroctobre le cours du tourteau breton est tombé à 1,65euro. Les pêcheurs ont refusé de repartir en mer la marée suivante. Le jeu n'en valait pas la chandelle. «Nous sommes sept à bord. Entre les salaires, le gazole, et l'appât ça ne passe pas», note Roger Calvez. Les causes de ce marasme?: une surproduction européenne face à une consommation stagnante, touchée par la crise et une évolution des habitudes alimentaires. «Les gens n'ont plus le temps de cuire du crabe», commente un pêcheur. Même si les mareyeurs se sont équipés en lignes de cuisson pour offrir du tourteau cuit à la grande distribution, la transformation est encore peu développée.

Une régulation du marché

Les crabiers finistériens pointent du doigt leurs concurrents d'outre-Manche qui viennent les doubler en France, en Italie, en Espagne et au Portugal, leurs marchés traditionnels. Equipés de bateaux performants, ces concurrents emploient moins d'hommes qu'eux, embarquent davantage de casiers et pêchent un nombre plus important de jours dans l'année. Alors que les pêcheurs bretons disposent d'une flotte viellissante qui ne sort que par mortes eaux avec des quotas de casiers qu'ils se sont eux-mêmes imposés. Pour les pêcheurs bretons, la remontée des cours passe par une régulation du marché. Reste à convaincre les collègues d'outre Manche. Ces derniers sembleraient être prets à engager le dialogue. Au comité local des pêches, on annonce qu'une rencontre est prévue en janvier. Pour les mareyeurs, l'urgence est d'adapter l'offre à la consommation. «le problème est de gérer une surproduction. Nous sommes dans une compétition européenne. C'est aux pêcheurs de maîtriser l'effort de pêche», commente Marc Hollande des Viviers de Porsguen à Plouescat.

  • Frédérique Le Gall
  • Exportez cet article
  • Partagez cet article sur Wikio
  • Partagez cet article sur Scoopeo
  • Diggez cet article
  • Partagez cet article sur Facebook
  • Partagez cet article sur Fuzz
  • Partagez cet article sur del.icio.us
  • Envoyez cet article sur Blogmarks
Exportez cet article
Rechercher
Twitter Facebook Retrouvez Le Télégramme sur Twitter et Facebook
Association pour le contrôle et la diffusion des médias

Mentions légales - CGU - CGV - Contact - N°ISSN 2102-6785

Les sites du groupe Le Télégramme:

L'actualité en Bretagne avec Le Télégramme | L'actualité des PME avec Le Journal des Entreprises | Les outils pour dirigeants avec NetPME | Emploi avec RegionsJob | Les annonces professionnelles avec OPE, Opportunités pour l'Entreprise | Bateaux d'occasion avec Magnautic.com | L'immobilier en vidéo avec Immo-Ouest.com | Location de vacances avec Bretagne.com |

Les sites de Pen Duick :

La route du Rhum | La Transat BPE | La Transat Jacques Vabre | La transat AG2R