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Economie

Saint-Brieuc (22). Les salariés de Chaffoteaux au pied du mur

5 novembre 2009

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Les salariés de Chaffoteaux décident ce matin de la suite à donner à leur lutte. Les dirigeants du groupe ATG leur proposent dorénavant une prime de licenciement extralégale de 25.000 EUR.

Durcir le conflit, au risque de tout perdre, ou accepter les conditions d'Ariston Thermo Group, même si elles sont jugées «nettement insuffisantes»: c'est le dilemme auquel sont confrontés les salariés de Chaffoteaux depuis hier. En lutte depuis le 18juin et l'annonce de la fermeture de leur usine, les ouvriers ploufraganais se prononceront aujourd'hui lors d'un vote à bulletin secret. La question qui leur est posée est simple. Accepter, ou non, l'offre formulée mardi soir par leur direction. Une offre que leurs patrons estiment 120% supérieures aux dispositions légales et qui prévoit notamment une prime de licenciement extralégale d'un montant de 25.000 EUR brut pour tous et l'assurance de percevoir 90% du salaire net, pour des durées allant de neuf mois à quatre ans.

Double menace

«Ces propositions sont définitives et assorties de plusieurs conditions: la libre circulation des personnes et des marchandises sur le site, la possibilité de sortir les stocks de l'usine (estimés à 11M d'euros), la garantie que ces stocks soient rendus en bon état et l'assurance que le personnel reste chez lui à partir de lundi», expose la déléguée CGT Chantal Jouan. Si jamais les ouvriers refusaient ces conditions, les dirigeants du groupe ATG ont d'ores et déjà émis deux menaces. Premièrement, faire repartir les négociations de zéro. Et deuxièmement, demander l'intervention des forces de l'ordre pour débloquer le site, après une action en justice.

«Nous pouvons être fiers»

Au nom de son syndicat, Martial Collet, le délégué FO, a appelé l'ensemble du personnel à répondre favorablement aux propositions de la direction. Son homologue de la CGT Chantal Jouan également. «Notre mot d'ordre a toujours été de ne laisser personne sans solution et sans revenu. Nous avons rempli notre mandat», estime Martial Collet. «Nous sommes allés au bout des négociations. Ce que nous avons obtenu représente les trois-quarts de la valeur du stock. Alors, même si nous perdons notre emploi, nous pouvons être fiers. Notamment d'avoir préservé notre unité». Une unité que les deux responsables syndicaux savent fragile après quatre mois et demi d'un conflit dur. Tout comme ils ont parfaitement conscience que la mobilisation faiblit avec le temps et que les nerfs sont à vif. Autant de réalités qui devraient pousser les «Chaffoteaux» à faire le choix de la raison ce jeudi.

  • Julien Vaillant
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