30 octobre 2009
5% de passagers et 17% de fret en moins: la Brittany Ferries souffre des effets de la crise. Mais la compagnie bretonne se rassure par un volume d'activités supérieure à la moyenne du trafic Transmanche.
2.570.000 passagers, dont 85% de Britanniques, ont traversé la Manche cette année grâce à Brittany Ferries. C'est 5% de passagers de moins que l'année précédente. Mais pour la compagnie bretonne, la baisse du pouvoir d'achat de la clientèle britannique, liée à la chute importante de la livre sterling, n'a finalement pas pesé tant que cela.
La ligne irlandaise boudée
«Nous avons fait une bonne saison estivale. Nous affichons des résultats conformes aux prévisions et supérieurs à la moyenne du trafic Transmanche, trafic qui enregistre une baisse de 8,4%», indique Martine Jourdren, présidente du directoire. C'est la ligne d'Irlande qui a le plus souffert (-18,7%), elle reflète l'effondrement de l'économie irlandaise et le développement de la concurrence maritime par des armements low cost», explique la compagnie. Côté fret, la situation est plus préoccupante même si la baisse de 17% est équivalente à celle que connaît l'ensemble du trafic Transmanche, tunnel compris (-16,3%). «La clientèle des transporteurs français, particulièrement affectée par le niveau élevé de l'euro, subit des baisses d'activité encore plus importantes». En revanche, les lignes Brittany Ferries entre la Grande-Bretagne et l'Espagne continuent d'avoir le vent en poupe. A tel point que la compagnie va doubler les rotations de son fréteur leCotentinavec un nouveau départ le mardi.
L'Armorique désarmé
Régression du trafic oblige, Brittany Ferries va comme l'an dernier réduire la voilure pour passer au mieux le creux de la saison. C'est la ligne Roscoff-Plymouth la plus saisonnière qui est concernée. Ainsi, l'Armoriqueva être désarmé cinq semaines jusqu'au 11février 2010. Avant d'aller passer l'hiver auHavre, le petit dernier de la compagnie devrait subir un arrêt technique à Brest puis participer à des exercices avec la Marine nationale. Brittany Ferries ne prévoit pas de commander de bateaux neufs dans l'immédiat. «Il faudra bien à un moment donné qu'on remplace des bateaux qui vieillissent mais, actuellement, on reste prudent car la conjoncture est peu propice», indique Martine Jourdren. Enfin, la compagnie bretonne maintient son offre de reprise de Sea France. «Le ou les acheteurs potentiels ne peuvent pas être choisis. Il faut d'abord que Sea France règle son problème social».
La Brittany Ferries emploie 2.500 salariés. Sa flotte compte huit navires.
