29 octobre 2009 - 1 réactions
Les agriculteurs français, auxquels Nicolas Sarkozy a annoncé un plan de 650millions d'euros d'aide et un milliard d'euros de prêts à taux réduits, ont vu leur endettement exploser ces dernières années après avoir dû investir massivement pour moderniser leur exploitation.
Prochesdu dépôt de bilan
«Le taux d'endettement des agriculteurs, rapporté au chiffre d'affaires était de 90% en 2007 et encore de 36% par rapport à l'ensemble de leur capital», souligne Thierry Fellman, responsable économique des Chambres d'agriculture. Et «il augmente à un rythme de plus en plus rapide ces derniers mois». Ainsi, dans le Finistère, le taux d'endettement de la filière porcine est passé de 72% à 79% entre fin 2008 et le premier trimestre 2009. Un quart des exploitations porcines sont proches du dépôt de bilan. «Le gouvernement a obligé les agriculteurs à beaucoup investir ces dernières années pour mettre aux normes leur exploitation et à être plus compétitif au niveau européen», explique Jean Tesson, président de SOS Agriculteurs 50, une association d'aide aux agriculteurs en difficulté dans le département de La Manche. Pour compenser la diminution de la main-d'oeuvre, il a fallu aussi mécaniser davantage (tracteurs de plus en plus puissants, bâtiments de plus en plus équipés en électronique, robots pour la traite...). «Tout cela participe à l'endettement de nos agriculteurs. Certains doivent 300.000euros à leur banquier et à leurs fournisseurs. Ce qu'a annoncé Nicolas. Sarkozy est insuffisant», estime Jean Tesson.
Encours de 41milliards
En 2007, l'ensemble des agriculteurs français ont remboursé plus de 6milliards d'euros aux banques (prêts+intérêts), selon les Chambres d'agriculture. En août, les encours de crédit des agriculteurs auprès des banques représentaient 41milliards d'euros, selon les Chambres d'agriculture. Le Crédit Agricole est la première banque de prêt du secteur. «Nous détenons 80% de parts de marché», confirme un porte-parole de la banque.
