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Vendée Globe. Il est maudit Dick ! (16/12/08)

30 décembre 2008 à 15h54

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Après Peyron, Wavre et Stamm, le leader Dick a connu de gros soucis, hier dans l'océan Indien : son bateau a heurté un OFNI qui a sérieusement endommagé son système de barre.

Qu'ils soient expérimentés ou néophytes, qu'ils naviguent dans le groupe de tête ou en queue de peloton, tous souffrent dans l'Indien. La faute à un fort coup de vent assénant des vents moyens de 35-45 noeuds (rafales à 55-60 noeuds) et offrant une hauteur moyenne de vagues comprise entre 7 et 9 mètres.
Le 16, une date maudite...
Génois déchiré, pilotes automatiques défaillants et balise de positionnement passée par-dessus bord (Dejeanty), étai de foc cassé (Riou), grand-voile déchirée (Boissières), départ au tas dans 50 noeuds de vent (Wilson). Dans le pays de l'ombre, les dépressions se succèdent et malmènent les marins. « On a remis les casques à pointes », plaisante Jourdain qui redoute la journée d'aujourd'hui. En effet, lors de ces trois derniers tours du monde, le skipper de « Veolia » a connu de gros pépins un 16 décembre. « Forcément, j'y pense car c'est une date maudite ».
... le 15 aussi
Le 15 décembre restera une date maudite pour le leader Jean-Pierre Dick, dont le 60 pieds « Virbac Paprec 2 » a heurté un objet flottant non identifié (un growler ?) hier après-midi : le safran s'est relevé mais avec la vitesse du bateau (20 noeuds), la barre de liaison entre les deux safrans s'est cassée. Pire, le support de fixation du safran tribord est très endommagé : « Il faut que je continue jusqu'à la porte de sécurité à vitesse réduite, soit 12-13 noeuds, avec trois ris dans la grand-voile et rien devant ». Une fois la porte passée, il pourra alors tenter de réparer. Dick, 43 ans, a déjà la réparation en tête : elle consiste à coller le safran avec du carbone, à visser, à boulonner des plaques... « Ça ne va pas être facile, mais je vais me battre. J'y crois ». Il y a quatre ans, le Niçois avait passé beaucoup de temps à bricoler : « J'avais bien réussi à réparer des choses que je pensais irréparables, alors... »
Golding à l'affût
Victorieux de courses en double (Transat Jacques Vabre 2003 et 2005, Barcelona World Race 2008), Jean-Pierre Dick rêve d'en gagner une belle en solitaire. Après 36 jours de course, il était en tête de ce Vendée Globe et avait même réussi à creuser un bel écart sur ses poursuivants. Pour lui, la course n'est pas terminée mais le voilà sérieusement handicapé. Sans compter qu'avec les conditions météo très musclées du moment, son système de barre risque de s'abîmer encore plus. Manque de bol, la porte « Australie Ouest », qu'il doit impérativement franchir, l'oblige à naviguer bâbord amure, donc en appui sur son safran abîmé. Un comble quand on sait que cette porte est appelée porte de... sécurité. Dick, diminué et fortement ralenti, va perdre la tête. A la longitude du cap Leeuwin, c'est probablement Golding qui va s'emparer des commandes aujourd'hui. Un Anglais leader ? On en connaît certains que ça va agacer...

  • P. E. 16/12/08.

La poisse pour Bernard Stamm

La scoumoune colle à la quille du « Cheminées Poujoulat » de Bernard Stamm qui a connu une nouvelle fortune de mer.

A son arrivée aux Kerguelen dans la soirée de dimanche, les conditions météo étaient exécrables, et le Suisse n'avait pas réussi à amarrer son voilier sur le mouillage qui lui était destiné, et ce malgré l'assistance des équipes des TAAF (terres australes et antarctiques françaises).
Bateau éventré et rempli d'eau
« Cheminées Poujoulat » avait été drossé à la côte, l'arrière bâbord couché sur les rochers. Le skipper avait heureusement été récupéré sain et sauf. Hier matin, « Cheminées Poujoulat » a pu être déséchoué par l'équipe du « Marion Dufresne » et l'aide de plusieurs plongeurs. Le bateau extirpé des rochers est éventré du côté gauche et rempli d'eau. « Le mât et la quille sont en place, il flotte enfoncé et gîté. Ce Vendée Globe avait mal commencé et se termine dans la douleur parce qu'il n'y a rien de plus terrible que de voir son bateau à la côte », a confié Bernard Stamm, affecté par ce coup du sort.
Retour sur le « Marion Dufresne » ?
Dans l'adversité, le Suisse a vite réagi. Avec l'aide du personnel de la TAAF et de Dominique Wavre, il essaie de sortir son voilier blessé et le charger sur le « Marion Dufresne » qui doit quitter les Kerguelen cet après-midi. Auquel cas, Stamm serait aussi du voyage. Les travaux importants pour réparer « Cheminées Poujoulat » ne peuvent en effet pas être réalisés sur place. Rappelons qu'après un retour au port suite à une collision avec un cargo quelques heures après le départ, le marin suisse avait mené une fantastique course-poursuite stoppée le week-end par une avarie de safrans.

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