letelegramme.com

 

Vendée Globe. Guillemot, l'ange-gardien de l'Indien (21/12/08)

30 décembre 2008 à 15h54

  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • Imprimer cet article
  • Ajoutez cet article
  • Envoyez l'article à un ami

Après avoir soutenu moralement Yann Eliès pendant 48 heures et assisté à son sauvetage (lire en page 3), Marc Guillemot a repris la course. Juste avant de renvoyer de la toile, il nous a envoyé ces quelques lignes...

« Le Vendée Globe représente un minimum de trois ans de préparation, d'énergies humaines qui convergent et s'associent pour construire le projet.
« Une situation difficile à vivre »
C'est une implication totale d'une équipe, des proches, des amis. Et pourtant, la course peut s'arrêter en un instant pour un problème technique, un démâtage ou une accumulation de problèmes. Dans notre cas, l'abandon de Yann Eliès, entraînant de fait l'arrêt de ma progression, est à mettre dans des registres différents. Yann gravement blessé, seul et forcément atteint psychologiquement, avait besoin de sentir une présence humaine à proximité pour l'accompagner en attendant l'arrivée des secours australiens. Moi, à bord de « Safran », en bagarre dans le second groupe de quatre, en 7 e position, et stratégiquement bien placé pour gagner du terrain avant le prochain point de passage obligatoire, j'ai dû, à la demande de la direction de la course, rejoindre le plus rapidement possible la position de Yann, 100 milles dans mon Nord, mais finalement avec le temps à 145 milles. J'ai vécu une situation similaire en mer dans mon humble vie de marin et pour avoir eu le rôle de Yann, je ressentais l'angoisse, la souffrance, l'isolement et l'impuissance dans laquelle il se trouvait. La situation était forcément difficile à vivre pour moi, même si aucun mal ne me faisait souffrir.
« Je reste en course »
Pour « Generali », l'arrêt est définitif. Pour « Safran », ce stop était temporaire et conditionné dans le temps à l'arrivée de la frégate australienne. Yann sera bientôt à terre, bien soigné, bien entouré. Son bateau sera récupéré par une partie de son équipe. Pour moi, c'est différent : le parcours à effectuer avant l'arrivée aux Sables d'Olonne est encore long, plus de la moitié de la distance. Mes camarades de jeu sont maintenant très loin devant. Pour ce nouveau départ, les conditions me sont moins favorables qu'au moment de mon arrêt. Où trouver toutes les ressources qui permettent à chacun d'entre nous, en course, d'être combatif, déterminé, lucide ? Je n'ai pas encore les réponses mais ce qui est certain, c'est qu'en continuant, je reste en course. Je mènerai le bateau dans un souci de performance et je n'ai pas l'intention de faire de la croisière en solitaire à bord de « Safran ». Alors, laissons la vie de coureur reprendre ses droits.
« Bonnes fêtes de Noël »
Je m'étais fixé trois objectifs précis : être au départ des Sables d'Olonne le 9 novembre 2008, couper la ligne d'arrivée trois mois plus tard et enfin, le graal, l'emporter. Le dernier paraît aujourd'hui plus qu'improbable, le premier a été tamponné et validé. Je vais faire en sorte d'assurer le second seul sur un parcours des plus solitaires. Bonnes fêtes de Noël en direct d'un océan Indien fidèle à sa réputation . Le 20 décembre 2008, à bord de « Safran » par 45°46 Sud - 122° 05 Est.

  • Marc Guillemot

Le Pacifique devant eux !

Yann Eliès en sécurité, la course a déjà repris ses droits. Le groupe de tête, emmené par un Desjoyeaux insatiable, est entré dans l'océan Pacifique.

A 1.300 milles de la tête de la flotte, Marc Guillemot et Samantha Davies se sont remis en mode « course ». Bientôt, ils bénéficieront d'un crédit de temps pour avoir porté assistance à Yann Eliès. C'est le jury international de la course qui tranchera. De combien sera cette réparation ? Difficile de ne pas « rendre » au minimum 48 heures à Marc Guillemot, soit le temps passé par le skipper de « Safran » à aider Yann Eliès.
En 1984 déjà...
Imaginons un instant que Guillemot réussisse un joli retour aux avant-postes et termine, disons, 24 heures derrière le premier skipper à franchir la ligne d'arrivée aux Sables d'Olonne. Il pourrait être reclassé... premier de ce Vendée Globe. Ce cas de figure a déjà eu lieu : c'était en 1984 lors de la 7 e édition de l'Ostar (transat). Philippe Poupon avait coupé la ligne d'arrivée le premier après 16 jours 6 h de course, mais c'est Yvon Fauconnier qui avait été sacré sur tapis vert, puisqu'il avait consacré 16 heures à secourir Philippe Jeantot, victime d'un chavirage. Bon nombre de journalistes n'ont pas oublié les larmes de Poupon, apprenant la nouvelle en pleine conférence de presse, lorsqu'il avait finalement été reclassé deuxième. Nous n'en sommes pas là mais rien ne dit que l'histoire ne se répétera pas en février 2009.
« Je suis un garçon impatient »
Loin de toutes ces considérations, en tête de la flotte, la bagarre fait rage. Premier des bagarreurs, Michel Desjoyeaux qui joue au... sudoku à l'entrée du Pacifique : « Le sudoku, c'est un bon test pour savoir si tu es dans le coup ou à côté de tes pompes ». Visiblement, le skipper de « Foncia » est dans le coup si l'on se fie au classement. « Oui mais vous savez, je suis un garçon impatient ». Derrière lui, à 55 milles, Roland Jourdain ne s'affole pas. Il connaît le « professeur » par coeur. « Mich va toujours plus vite : ce n'est pas étonnant venant de lui ».
Golding manque de gasoil
Hier, Josse et Le Cam ont, eux aussi, franchi la ligne imaginaire qui sépare l'Indien du Pacifique. Si Jourdain ne s'inquiète pas de la cadence imposée par Desjoyeaux, Le Cam, lui, ne cache pas son agacement : « J'ai l'impression de rendre une copie propre mais Mich' a toujours un point de plus que nous. C'est très chiant ». A 880 milles du leader, Dick, qui a perdu du terrain en bricolant, a enfin réussi à coller son safran : « Est-ce que ça va tenir ? Je ne sais pas ». Autre éclopé, Mike Golding, victime d'un démâtage le 16 décembre dernier, qui fait route sous gréement de fortune à 420 milles des côtes australiennes. Le skipper britannique manque de gasoil. Du coup, son équipe à terre a demandé à la frégate australienne, qui ramène Yann Eliès en Australie, de faire un détour de 140 milles jusqu'à sa position.

  • P. E

Articles associés

  • Exportez cet article
  • Partagez cet article sur Wikio
  • Partagez cet article sur Scoopeo
  • Diggez cet article
  • Partagez cet article sur Facebook
  • Partagez cet article sur Fuzz
  • Partagez cet article sur del.icio.us
  • Envoyez cet article sur Blogmarks
S'abonner au RSS de cette rubrique
Exportez cet article
Rechercher
Twitter Facebook Retrouvez Le Télégramme sur Twitter et Facebook
Association pour le contrôle et la diffusion des médias

Mentions légales - CGU - CGV - Contact - N°ISSN 2102-6785

Les sites du groupe Le Télégramme:

L'actualité en Bretagne avec Le Télégramme | L'actualité des PME avec Le Journal des Entreprises | Les outils pour dirigeants avec NetPME | Emploi avec RegionsJob | Les annonces professionnelles avec OPE, Opportunités pour l'Entreprise | Bateaux d'occasion avec Magnautic.com | L'immobilier en vidéo avec Immo-Ouest.com | Location de vacances avec Bretagne.com |

Les sites de Pen Duick :

La route du Rhum | La Transat BPE | La Transat Jacques Vabre | La transat AG2R