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Vendée Globe. Démâtage : au tour de Golding (17/12/08)

30 décembre 2008 à 15h54

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L'hécatombe se poursuit sur le Vendée Globe. Mike Golding a démâté alors qu'il avait pris la tête de la course. Autre abandon, celui de Jean-Baptiste Dejeanty. Michel Desjoyeaux était, hier, le nouveau leader de la flotte.

Décidément, l'océan Indien ne cesse de châtier les concurrents du Vendée Globe. Mike Golding, qui avait pris les commandes en raison de l'avarie subie par Jean-Pierre Dick, aura été un leader très éphémère. Son « Ecover 3 » a démâté hier au petit matin.
De la tempête à l'ouragan
« J'étais sur le pont quand un grain est arrivé, avec 55 noeuds de vent. Depuis deux heures, j'étais sous grand-voile à deux ris et reacher. Toute la nuit, nous avons eu 45 noeuds, j'étais alors sous deux ris et trinquette avant de changer de configuration de voile tôt ce matin. En fait, c'est comme si c'était passé de la tempête à l'ouragan et le mât n'a pas apprécié du tout. J'étais en train de mettre ma veste de ciré quand le bateau est parti au lof. J'ai entendu un grand bang et, immédiatement, je me suis précipité à l'intérieur en attendant que le bruit cesse. Tout le gréement était par terre, il ne restait pas un seul morceau. Quand tout s'est arrêté, je suis sorti, le mât était en travers du pont. J'ai commencé à couper le gréement. J'ai mis une demi-heure à faire le ménage », a expliqué l'ancien pompier anglais, lui aussi maudit dans cette épreuve.
Cinquième démâtage
Il y a quatre ans, il avait perdu sa quille près de l'arrivée mais avait réussi à monter sur le podium. En 2000, il avait démâté la première nuit. Reparti huit jours plus tard, il avait réussi l'exploit de terminer à la septième place. Ce démâtage est le cinquième depuis le départ du Vendée et Jérémie Beyou avait jeté l'éponge suite à des problèmes de gréement.
Desjoyeaux premier : « Inespéré »
Ce nouveau coup de Trafalgar a jeté un froid sur la flotte toujours malmenée par l'Indien impitoyable. Il a aussi propulsé en tête Michel Desjoyeaux. Un scénario fou et inimaginable il y a encore peu de temps. Après quelques instants de compassion pour Golding, le vainqueur du Vendée 2001 n'a pas boudé son plaisir d'occuper la pole position mais en même temps tempéré sa joie : « C'est génial car c'était inespéré il y a quelques semaines. Mais ce n'est pas aujourd'hui qu'il faut être premier mais dans un mois et demi. Il faut déjà finir et quand on voit ceux qui restent au bord de la route... » Pour autant, le Professeur, nouveau leader devant Roland Jourdain (« Veolia »), tenait une cadence élevée. Avec 466,6 milles parcourus en 24 heures, « Foncia » a frôlé le record d'Alex Thomson (468 milles). Jean Le Cam, qui cravache son « VM Matériaux », avait également abattu 460 milles en une journée.
Un quatuor détaché
C'est dire à quel point le rythme est élevé et la régate acharnée malgré les conditions très difficiles. « Ce matin (ndlr hier matin), la mer était démontée. Il n'y avait aucune échappatoire pour calmer le jeu et la machine », expliquait Desjoyeaux. « La problématique est délicate. Il faut, à la fois, aller vite mais il faut aussi arriver. On est à fond la caisse avec nos limousines sur cette mer démontée. Mais à chaque vague, tu pries le Bon Dieu pour que ton bateau reste entier », ajoutait Le Cam dans le match mais forcément tendu. L'océan Indien, qui a aussi contraint Jean-Baptiste Dejeanty à jeter l'éponge, a fait son travail de sape et éclairci les rangs (19 concurrents en course). Roland Jourdain, deuxième dans le sillage de Desjoyeaux, « trouvait cette navigation dans l'Indien galère » mais était heureux d'avoir vaincu la malédiction du 16 décembre. Avec Sébastien Josse (« BT »), il y a maintenant un quatuor un peu détaché. Sont à la lutte trois marins cornouaillais qui se connaissent bien pour avoir usé leurs cirés et un jeune Niçois formé à Port-La-Forêt qui rêve de leur faire mordre l'écume. On en a sans doute pas fini avec les émotions fortes sur la piste du Vendée.

  • Gilbert Dréan

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