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Vendée Globe. Après la guerre, l'armistice ! (12/11/08)

30 décembre 2008 à 15h54

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Après le mode « survie », les skippers, épargnés par la tempête, sont passés en mode course. Celle-ci a repris ses droits dans des conditions bien plus agréables.

Une fois encore, on a pu vérifier que le golfe de Gascogne était l'une des pires zones de navigation du globe. Souvenez-vous de la déroute du Rhum 2002 et cette terrible tempête qui avait retourné les trimarans Orma comme des crêpes. Lorsque le vent souffle fort (45-55 noeuds), que la longue houle vient buter sur le plateau continental, passant de 2.000 à 150 m, ça lève une mer énorme, casse-bateaux. Ces dépressions sont fréquentes à cette période de l'année mais lundi soir, les marins ont tous été surpris par sa violence, notamment lors de la brutale bascule du vent au nord-ouest. « Une taille XL, une belle prune dans la tronche », selon Roland Jourdain.
Pas faire d'amalgame
Que des mâts neufs (« Groupe Bel » et « DCNS ») tombent, cela interpelle forcément. Pourtant, il convient de ne pas faire d'amalgame entre toutes ces avaries. Il n'y a, en effet, aucun rapport entre une panne électrique (Wavre), un moteur inondé (Desjoyeaux), un bout-dehors cassé (Stamm), un panneau de pont arraché (Dejeanty) et des mâts qui cassent (De Pavant, Thiercelin et Bestaven).
Deux jours et patatra !
Avec autant de bateaux engagés et des conditions très musclées d'entrée de jeu, cette casse n'a rien d'exceptionnelle. Elle marque les esprits mais elle était un peu prévisible. « C'est presque habituel », estime même Alain Gautier, le monsieur sécurité du Vendée Globe. On le sait, le mât est le talon d'Achille des Imoca, sorte d'immense épée de Damoclès au-dessus des têtes : sur le circuit, rares sont ceux qui n'ont pas connu un jour des problèmes d'espar. La voile est, rappelons-le, un sport mécanique où la casse fait partie du jeu. Les marins le savent et l'acceptent. En revanche, pour un sponsor qui a mis 7-8 millions d'euros sur la table (ndlr : 3 millions d'euros pour la construction du bateau + 1 à 1,5 million d'euros par an pour le fonctionnement), la pilule sera plus difficile à avaler. On devinait qu'il y aurait des sponsors déçus à l'arrivée de ce tour du monde, où on ne retient souvent que les noms des trois premiers, mais de là à les voir faire la grimace après deux jours de course...
Jourdain en tête
Fort heureusement, la grande majorité des concurrents n'ont pas cassé. Officiellement, seuls trois skippers ont abandonné. Après la guerre des tranchées, la course a déjà repris ses droits, hier. Au passage du Cap Finisterre, le vent est passé au nord-ouest en mollissant. Du coup, les skippers ont apprécié de glisser sous spi, au large de la Galice, sur une mer plus calme. Et sous le soleil. « Nous avons vécu l'enfer ! », disait hier, Jean-Pierre Dick qui a été malade pendant 36 heures. « Ça fait du bien quand ça s'arrête. J'ai eu un léger mal de mer, histoire de vomir le stress du départ », avouait également Roland Jourdain. Jourdain, Dick, Peyron, Josse, Riou et Le Cléac'h : ces six-là ont pris le bon wagon. Eux, ils sont déjà repassés en mode « régate ».

  • Philippe Eliès

Le pointage aujourd'hui à 16H00 GMT.

Sébastien Josse (BT) était pointé en tête du Vendée Globe, au point de 16h00 (15h00 GMT).

Les cinq premiers :
1. Sébastien Josse (FRA/BT) à 22.917,3 milles de l'arrivée
2. Jean-Pierre Dick (FRA/Paprec-Virbac) à 1,1 du premier
3. Loïck Peyron (FRA/Gitana-Eighty) 6,2
4. Roland Jourdain (FRA/Veolia Environnement) 10,6
5. Jean Le Cam (FRA/VM-Matériaux) 15,3

DCNS démâte. Thiercelin abandonne

Après Bestaven et de Pavant lundi soir, Marc Thiercelin a, à son tour, démâté hier matin à 7 h 30, par 44° 15 nord - 8° 43 ouest. Le skipper, sain et sauf, a expliqué que les dégâts étaient importants sur son plan Finot tout neuf. Le skipper a raconté qu'en tombant, le mât avait « abîmé le pont, le rouf, le balcon arrière et les chandeliers ». Lors de la vacation radio, Thiercelin a indiqué qu'il faisait route au moteur à 3-4 noeuds vers La Corogne (nord-ouest de l'Espagne). « Je suis à 50 milles de La Corogne, le port le plus proche ». Le monocoque « DCNS » devrait atteindre le port ibère aujourd'hui. Devant l'ampleur des dégâts, le skipper a annoncé qu'il se retirait de la course. Un coup dur pour ce marin de 48 ans qui espérait transmettre autrement le relais à Christopher Pratt, désigné comme son successeur à la barre de ce plan Finot-Conq pour la Route du Rhum 2010. (Photo Jacques Vapillon)

Le point sur les éclopés

Pour de Pavant, Bestaven et Thiercelin (lire ci-contre), victimes de démâtages, la course est terminée. Si Desjoyeaux est reparti très rapidement, Stamm est encore bloqué aux Sables. Le point sur les éclopés.

KITO DE PAVANT. « Sous un nuage, le vent a accéléré, "Groupe Bel" aussi. J'ai senti le bateau monter sur la vague abrupte et redescendre au fond du trou. Le bruit assourdissant a précédé un silence de mort. Le mât s'est cassé en plusieurs morceaux, sans explication. C'était la désolation à bord. C'est dur à encaisser. L'aventure s'arrête là, brutalement ». Kito de Pavant rentre au moteur à 4 noeuds jusqu'aux Sables d'Olonne. « Je vais manquer de gazoil mais on a prévu un remorquage ». Avec 200 milles à parcourir, le Méditerranéen en a pour deux jours de mer. YANNICK BESTAVEN. Le skipper de « Aquarelle.com » a expliqué hier que « le mât avait sauté de son emplanture dans une vague, causant le démâtage ». Le mât s'est écroulé juste à côté du skipper, sans le toucher. Le Rochelais a confectionné un gréement de fortune et rentre aux Sables d'Olonne. MICHEL DESJOYEAUX. Il aura fallu cinq heures seulement au skipper de « Foncia » pour réparer son problème de moteur inondé, consécutif à une fuite de ballast. Cet arrêt au stand express lui a néanmoins fait perdre 380 milles sur les leaders. Ecart qui va augmenter au fil des heures (il était de 428 milles au pointage de 16 h) car, pendant que les premiers cavaleront au portant le long des côtes portugaises, Desjoyeaux sera au près dans le golfe de Gascogne. BERNARD STAMM. Les travaux se poursuivent sur le bout-dehors cassé après la collision avec un cargo. Hier, le Suisse a dû démâter son « Cheminées Poujoulat ». En effet, dans le choc, le mât a souffert et il faut réparer les poinçonnages détectés. Bernard Stamm veut repartir ce soir mais vu l'ampleur des travaux... ALEX THOMSON. Le skipper de Hugo Boss fait route vers les Sables d'Olonne, sous voiles. Une fissure est apparue sur le bordé bâbord de la coque, soit sur le côté opposé à la réparation faite avant le départ suite à une collision avec un bateau de pêche. Thomson est attendu ce matin dans le port vendéen. DEJEANTY ET HATFIELD. Panneau de pont endommagé sur « Groupe Maisonneuve » et problèmes électriques sur « Algimouss Spirit of Canada » : Dejeanty et Hatfield étaient attendus la nuit dernière en Vendée. Dejeanty estime que son escale technique devrait durer entre 48 et 72 h.

  • P. E.

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