7 juillet 2009
La tramontane est devenue l'alliée de Lance Armstrong, hier , dans la 3eétape du Tour de France gagnée à la Grande-Motte par le Britannique Mark Cavendish.
A la sortie de la Camargue, l'Américain s'est placé dans le groupe de 25 coureurs qui a foncé vers l'arrivée sous la conduite de l'équipe Columbia présente au grand complet. «C'est un peu d'expérience, de bon positionnement et un peu de chance aussi», a estimé le septuple vainqueur du Tour, le seul des favoris à figurer à l'avant.
Maillot jaune ce soir?
Au bilan, le Texan a repris 41secondes à tous ses rivaux directs et a repassé Alberto Contador au classement général dont il occupe désormais la troisième place. A 40 secondes d'un maillot jaune qu'il pourrait endosser, le cas échéant, à Montpellier, pour peu que sa formation distance suffisamment aujourd'hui les équipes du Suisse Fabian Cancellara, leader, et de l'Allemand Tony Martin. L'offensive, développée par les coureurs de Columbia parmi lesquels figure en bonne place George Hincapie, le seul qui a accompagné Armstrong dans ses sept Tours de France victorieux, n'était pas prévue. C'est du moins ce qu'a certifié Cavendish, vainqueur pour la deuxième fois en 24heures: «Mais on a su qu'il y avait du vent, un changement de direction». Vigilant et opportuniste, Armstrong a renchéri de son côté: «Quand tu vois une équipe devant comme ça, tu dois être très vigilant lorsqu'ils commencent à s'aligner».
Pourquoi le peloton n'est pas revenu?
A l'avant, deux coureurs ont roulé à bloc pour creuser la différence. L'Allemand Bert Grabsch, champion du monde du contre-la-montre, et l'Autrichien Bernhard Eisel, survoltés, ont tout donné avant de sauter du groupe. Derrière l'échappée au sein de laquelle les deux coéquipiers d'Armstrong (Zubeldia, Popovych) ont attendu les 15 derniers kilomètres pour collaborer, la poursuite a tardé à s'organiser. Mais, par la suite, l'écart a continué à grandir, preuve de la retenue ou des limites des poursuivants. Au point que l'Australien Cadel Evans a dû mettre lui-même la main à la pâte pour limiter la casse. A l'image de Cancellara, qui n'a pas bougé dans le groupe de tête après avoir réussi à l'intégrer in-extremis en sautant un trottoir, Contador est resté sur la réserve dans le peloton. L'Espagnol, qui avait pris de l'avance sur Armstrong dans le contre-la-montre de Monaco, a perdu tout son avantage. Et même au-delà puisqu'il pointe désormais à 19 secondes de son encombrant coéquipier. Une broutille comptable... qui a surtout l'inconvénient de minorer sa position au sein de sa propre formation, de le remettre sous pression.
Cancellara peut-il garder le maillot?
Sa formation l'espère en tout cas. «On va essayer de jouer la gagne», annonçait hier matin le directeur sportif de Saxo Bank, le Danois Kim Andersen, qui désigne trois autres formations (Astana, Columbia, Garmin) pour le gain de l'étape de Montpellier. Jour de grand stress pour tous les coureurs, le chrono par équipes, qui avait été abandonné depuis 2005, a l'avantage de présenter un double enjeu. Collectif bien sûr, tant il signifie beaucoup sur la force et la cohésion d'un groupe. Individuel aussi, par ses conséquences sur le classement général et les différences entre les prétendants au maillot jaune. Astana se présente en favori logique au regard du résultat du contre-la-montre de Monaco. La formation de Johan Bruyneel, qui avait gagné le dernier exercice en 2005 (Armstrong et Popovych sont les deux rescapés du groupe) a placé quatre coureurs dans les dix premiers du «chrono» monégasque (dans l'ordre, Contador, Klöden, Leipheimer et Armstrong).
«Quand tu vois une équipe devant comme ça, tu dois être très vigilant lorsqu'ils commencent à s'aligner».
