9 juillet 2009
Thomas Voeckler a mené à bon port une longue échappée de plus de 180 kilomètres dans la 5e étape du Tour de France, hier à Perpignan, où l'ancien maillot jaune est devenu le premier vainqueur français de l'édition 2009.
Sur la place de Catalogne, Mark Cavendish a sprinté pour la... 2eplace. S'il a manqué de peu de rejoindre le Russe Mikhail Ignatiev, le Britannique a échoué à sept secondes de Voeckler, qui a pris tout son temps pour savourer ces moments rares dans les derniers hectomètres.
Cinq ans jour pour jour
«Ti-Blanc», le surnom de l'Alsacien qui a grandi en Martinique avant de s'établir en Vendée, s'est retourné souvent dans la ligne droite près du palais des rois de Majorque. Il a regardé l'écart le séparant de ses adversaires, il a salué le public qui l'a ovationné, il a immortalisé ce moment qu'il a attendu longtemps, sans jamais se décourager malgré de nombreuses tentatives. A 30 ans, Voeckler a enfin touché sa récompense. Par coïncidence, cinq ans jour pour jour après son premier maillot jaune à Chartres, prélude à une aventure de dix jours qui allait émouvoir, attendrir, bouleverser la France du Tour. Et nourrir aussi l'équivoque sur le potentiel de ce coureur attachant, offensif et intelligent, conscient de ses qualités et de ses limites, un vrai «coursier» pour reprendre le terme habituel du cyclisme. «Je ne suis pas un coureur qui peut gagner le Tour», reconnaît volontiers l'ancien champion de France. Mais, au fil des saisons, ce fidèle qui a connu une seule équipe depuis ses débuts en 2001, celle de Jean-René Bernaudeau, s'est construit un palmarès significatif, épaissi par sa collection de 2009. Paradoxalement, c'est en revenant à ses habitudes, en se fiant à son inspiration et à son goût pour les échappées lointaines, qu'il a marqué l'essai, hier, dans la nouvelle capitale du rugby français.
Le peloton s'est rapproché à une cinquantaine de secondes à 40kilomètres de l'arrivée hier. Le maillot jaune en personne, le Suisse Fabian Cancellara, et ses coéquipiers de Saxo Bank, relayés par les Astana de Lance Armstrong (et d'Alberto Contador), ont accéléré le rythme dès que la course s'est approchée du littoral et ont fait éclater le groupe en plusieurs parties.
Columbia marque le pas
Vent dans le dos, la course s'est emballée au point que l'échappée de six coureurs (Voeckler, Geslin, Sapa, Ignatiev, Hutarovich, Timmer), lancée peu après le départ du Cap d'Agde, a paru condamnée. Mais le peloton a légèrement ralenti et les hommes de tête ont continué l'aventure. Ils ont abordé les 17 derniers kilomètres avec un avantage de près d'une minute et demie, un écart qui s'est avéré suffisant malgré la poursuite engagée par les équipiers de Cavendish en chasse d'un troisième succès d'étape. Les hommes de la Columbia ont sans doute payé alors l'accumulation des efforts prodigués depuis dimanche dernier, l'absence de collaboration aussi de la part des autres équipes peu désireuses de faciliter la tâche de «Cav». Le constat n'enlève rien à la performance de Voeckler. L'Alsacien, qui a su jouer au plus fin avec ses compagnons en attaquant à moins de 5 kilomètres, a montré l'étendue de ses ressources athlétiques pour résister sur ce final très roulant. Chapeau bas, M.Voeckler!
C'est en se fiant à son inspiration et à son goût pour les échappées lointaines, qu'il a marqué l'essai au pays du rugby.
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