13 septembre 2009
L'association Au Coin du Bois a réussi son pari. Le festival de Saint-Nolff (56) a attiré 20.000 personnes hier sur le site de Kerboulard. Sur scène, les groupes se sont donné à fond. De quoi rêver à deux jours en 2010...
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Il n'y a pas qu'à Paris que l'humanité et la bonne musique étaient à la fête, hier. À Saint-Nolff (56) aussi, labellisée «commune du monde» par la municipalité de Joël Labbé, le festival a drainé les foules. Un public généreux en cris et en déhanchés, comme les groupes qui se sont succédé sur scène. Le Lorientais Rotor Jambreks a ouvert le feu devant un public malheureusement clairsemé, l'ouverture des portes ayant été retardée. Génial homme à tout faire, il a montré ses talents polymorphes. Avec leur pop tendance electro, les Nantais de Pony Pony Run Run ont pris le relais à 15h35, devant un public cette fois au rendez-vous: «C'est la première fois qu'on jouait si tôt, explique Antonin, le claviériste. On a été étonnés par la réaction du public qui s'est massé au fur et à mesure du concert et qui dansait beaucoup. C'est toujours un défi d'attraper les gens, surtout en festival où ils ne viennent pas forcément pour nous». Derniers régionaux de l'étape, les Guingampais de The Craftmen Club ont offert une jolie tranche de rock fort sous un soleil toujours éclatant: «Les gens étaient déjà à fond, confiait Yann, le batteur, à l'issue du set. On avait bien chaud, avec le soleil en pleine face. On n'est pas encore très habitués à jouer dans de gros festivals. Finalement, ce n'est pas si impressionnant que ça!».
Au tour des grosses pointures
Après ce tour de Bretagne élargie, les grosses pointures venues de toute l'Europe ont pris leurs quartiers à Kerboulard. L'Anglo-Nigérian Keziah Jones délivrait son blues cosmopolite. Le Belge Arno arrosait son rock immortel. Très attendu, l'Anglais Pete Doherty montrait une belle présence acoustique sur scène, une scène qu'il partageait avec seulement deux danseuses, lui dont une rumeur persistante d'annulation de dernière minute bruissait dans le public. L'Allemand Patrice faisait un retour tonitruant à Saint-Nolff, trois ans après son premier passage, et malgré quelques soucis de son. Quant aux fougueux Belges de Ghinzu, ils montraient une nouvelle fois, après leur passage aux Vieilles Charrues, la richesse de la scène rock du plat pays. Seules victimes du succès du festival, certains, coincés dans les bouchons, ont mis énormément de temps à accéder au site. «C'est une belle réussite, résume Laëtitia Tocquec. Des quatre dernières éditions, c'est la plus accomplie. Le champ est nickel. On nous a parfois reproché le manque d'hygiène par le passé, cette fois-ci, pas de problème. La programmation est cohérente. La grosse chance qu'on a eue, c'est la reformation de Ska P». Plébiscités par de nombreux festivaliers, les Espagnols étaient programmés dans la nuit, à partir de 23h30. Yuksek et High Tone étaient ensuite chargés de vider les festivaliers de leurs dernières forces, jusqu'à 3h du matin.
Deux jours en 2010
Après une naissance sous le signe du succès, le festival de Saint-Nolff a connu une destiné chaotique. Avec 20.000 entrées payantes et quelques 21.000 personnes au coin du bois, l'édition 2009 est une réussite. Il fallait en effet 18.000 entrées à l'ACB et à Régie Scène pour équilibrer les comptes. Mission accomplie. De quoi donner des idées pour la fin de l'été 2010. Le festival pourrait bien revenir sur deux soirées. Avec un premier round sur le pré dès le vendredi.
