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L'expertise française

29 octobre 2009

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En décidant de ne pas suivre Washington en Irak et en explicitant cette position devant l'Onu et la Communauté internationale quitte à irriter fortement les Américains, Jacques Chirac se contentait d'accompagner les mesures de rétorsion décidées au lendemain du 11-Septembre contre al-Qaïda. C'est ainsi que la France s'engagea en Afghanistan au titre de la solidarité minimum des Occidentaux contre le terrorisme international. George W.Bush avait tout de même réussi à enrôler Paris dans sa croisade contre les intégristes. Très vite, il fut évident que la reconstruction dont avait bénéficié Kaboul n'avait pas amélioré les conditions de vie des populations pachtouns du sud. De plus, les campagnes d'éradication du pavot avaient un effet dévastateur car aucun dédommagement ni culture de substitution n'étaient prévus. Enfin, chassés dans un premier temps, les talibans revinrent rapidement car les Pakistanais étaient incapables de contrôler les tribus et la frontière. Comme me le confiait, à l'époque, le général Bentegeat, chef d'état-major des Armées, «ce n'est pas avec 20.000hommes qu'on va régler le problème et contrôler un pays grand comme sept fois le Kosovo. On peut d'ailleurs se demander si de telles contrées ont la capacité d'accepter une présence étrangère».

Troupes renforcées

Nicolas Sarkozy a poursuivi la politique de son prédécesseur tout en normalisant les relations avec Washington et en parachevant la réintégration de la France dans l'Otan. Depuis l'installation du 21eRIMa à Mazar e-Charif, fin 2001, les troupes françaises ont été régulièrement augmentées pour plafonner à 3.000hommes, sans parler des forces de gendarmerie récemment adjointes ou de la présence de la Marine française depuis le début dans la zone. Un contingent certes modeste comparé aux 100.000hommes sur place mais qui a déjà payé un lourd tribut et dont l'expertise nourrie des «affaires indigènes» de l'époque coloniale est reconnue. Cette présence n'a, par ailleurs, fait l'objet d'aucun vote au Parlement comme si le traditionnel consensus français sur la Défense continuait de prévaloir. Mais, certains, tels Dominique de Villepin, s'interrogent sur l'opportunité de maintenir notre présence sur le sol afghan.

  • Hubert Coudurier
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