4 novembre 2009
Plusieurs élus, dont les présidents des régions Bretagne, Pays-de-la-Loire et Poitou-Charentes, ont demandé hier que leurs collectivités soient indemnisées au titre du préjudice écologique pour le naufrage de l'Erika, lors du procès en appel.
«Nous ne voulons pas qu'une telle catastrophe se reproduise et votre arrêt jouera un rôle important pour cela», a déclaré Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays-de-la-Loire, devant le président de la cour, Joseph Valantin. Les Pays-de-la-Loire demandent30M€ au titre du préjudice écologique, tout comme la Bretagne et le Poitou-Charentes, tandis que le Finistère, notamment, réclame 10M€. Lors du procès de première instance, le préjudice écologique avait été reconnu pour le seul département du Morbihan et la Ligue de protection des oiseaux(LPO). «Avec cette accumulation de demandes, ne risque-t-on pas d'indemniser plusieurs fois la même chose?», a objecté Me Axel Engelsen, avocat de la société de classification Rina.
Pour un jugement «sévère»
Le président du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian, a souligné la compétence de la région en matière d'environnement et rappelé qu'elle cofinance avec l'État, dans le cadre des contrats de plan, des actions en matière environnementale. Il faut aussi que, sur le plan pénal, «la responsabilité collective de l'ensemble de la chaîne de transport», dont celle de l'affréteur Total, soit confirmée, a-t-il insisté. Pierre Maille, président du conseil général du Finistère, a souhaité pour sa part que le jugement soit «sévère, afin, nous l'espérons, de dissuader de futures pollutions». Total, Rina, l'armateur de l'Erika Giuseppe Savarese et son gestionnaire Antonio Pollara avaient été condamnés solidairement en première instance à 192M€ de dommages et intérêts. Ils avaient également reçu l'amende maximale: 375.000 €, pour les personnes morales, 75.000 € pour les personnes physiques. Le parquet général prendra ses réquisitions le 10novembre, le procès s'achevant le 18.
