8 octobre 2009
Total a nié, hier, avoir exercé des pouvoirs spéciaux de contrôle sur l'Erika, au troisième jour du procès en appel du naufrage de ce pétrolier au large des côtes bretonnes. Les représentants de Total SA et de sa filiale londonienne d'affrètement Total Transport Corporation (TTC) ont été soumis à un feu roulant de questions, concernant la charte d'affrètement signée pour le navire et les «instructions de voyage» ajoutées par le groupe pétrolier. Le président a cité une instruction au ton «comminatoire», stipulant que «tout ordre ne doit être accepté par le capitaine, qu'après avoir demandé l'accord de Total». La question est importante pour déterminer la responsabilité de Total dans le naufrage de l'Erika en décembre1999, car le droit maritime vise, en cas de pollution, les acteurs ayant exercé un pouvoir de contrôle, principalement l'armateur et le gestionnaire, mais pas l'affréteur. Il faut donc savoir si Total est sorti de son rôle. «Nous n'avions pas la prétention de nous substituer au commandant du navire, contrairement à ce qu'on essaie de nous faire dire depuis bientôt dix ans», a déclaré le représentant de Total SA, Alain-Marc Irissou. Le représentant de TTC, Roberto Giovannone, a pour sa part affirmé que toutes les instructions données par Total visaient exclusivement à «préserver la cargaison».
