15 octobre 2009
Le piratage au large des côtes somaliennes est «contrôlé par la criminalité organisée attirée par la perspective de fortes rançons», selon Interpol.
«Les pirates disposent d'une logistique de plus en plus sophistiquée qui leur permet de s'emparer de navires toujours plus au large des côtes», ont souligné, hier, des représentants d'Interpol, en marge de la 78e Assemblée générale de l'organisation internationale, réunie à Singapour.
Ainsi, pour le directeur exécutif des services de police d'Interpol, Jean-Michel Louboutin, «il s'agit de criminalité organisée dans laquelle des «des non Somaliens sont certainement» impliqués. Pour Jean-Michel Louboutin, la présence d'une flotte internationale pour sécuriser le golfe d'Aden était insuffisante pour résoudre le problème, qui a aussi des dimensions sociales et économiques.
«Moyens de plus en plus perfectionnés»
Le responsable australien de la sécurité des transports, Mick Palmer, a souligné, de son côté, les moyens de plus en plus perfectionnés dont disposent les pirates pour s'emparer des navires et de leur équipage. «Leur armement est de plus en plus perfectionné, leurs attaques ont lieu toujours plus au large, jusqu'à 1.200 milles maritimes», «et ils bénéficient d'une assistance sophistiquée pour localiser de gros navires de commerce», a-t-il relevé. Selon le responsable australien, les simples pirates somaliens ne touchent qu'un faible pourcentage des rançons - environ 10.000dollars sur une moyenne de deux millions de dollars par opération - et la criminalité organisée rafle le reste. Un demi-million de dollars serait ainsi versé à ceux qui transportent la rançon, habituellement par hélicoptère, jusqu'au bateau piraté, et la même somme reviendrait aux négociateurs.
«Les pirates ne touchent pas grand chose !»
«Il y a beaucoup d'argent à se faire avec la piraterie. Mais les pirates eux-mêmes, dont beaucoup ne sont que des adolescents venus de milieux déshérités, ne touchent pas grand-chose», a commenté Mick Palmer. Il a jugé essentiel de s'en prendre à l'ensemble de la filière pour combattre efficacement la piraterie, car «aucun criminel ne fait des affaires pour perdre de l'argent», a-t-il dit.
Pas seulement un problème militaire
Outre la rançon payée, les compagnies maritimes perdent en moyenne sept millions de dollars à chaque bateau piraté, immobilisé en moyenne durant 70 jours. Jean-Michel Louboutin a indiqué qu'Interpol s'efforçait d'apporter à la Somalie une expertise technique, notamment pour constituer une base de données et un fichier d'empreintes digitales des suspects. «Il est très important de comprendre qu'il ne s'agit pas que d'un problème militaire» a-t-il dit.
