21 septembre 2009 - 1 réactions
Alors que les premiers vaccins H1N1 pourraient être accessibles le mois prochain, les Français se montrent divisés sur l'opportunité de se faire vacciner. Et pourtant, des virologues défendent un vaccin «efficace».
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Les Français sont-ils prêts à se faire vacciner massivement contre la grippe A? A un mois de l'arrivée prévue des vaccins contre le virus H1N1, des doutes subsistent sur la volonté des Français de «jouer collectif» face à une grippe qui leur apparaît bénigne. Avec une commande ferme de 94millions de doses, les pouvoirs publics ont souhaité pouvoir proposer, à terme, la vaccination à tous ceux qui le souhaitent.
Des professionnels de santé rétifs
Selon un sondage, plus d'un Français sur deux (55%) envisage de se faire vacciner contre la grippe H1N1. 29% se disent certains de le faire. A l'inverse, un quart des personnes interrogées (24%) se révèlent totalement rétives à toute vaccination. Les professionnels de santé, qui seront prioritaires, semblent peu enclins à se faire vacciner. Plus d'un tiers d'entre eux hésitent ou refuseraient carrément de le faire, selon une enquête. Les médecins libéraux se disent, eux, majoritairement sereins devant l'épidémie de grippe H1N1, et à peine plus de la moitié d'entre eux (52%) sont prêts à se faire vacciner, révèle un sondage Ifop publié aujourd'hui par le Quotidien du médecin. Les praticiens de moins de 45 ans sont les plus décidés à se faire vacciner (64%), et les 55-59 ans sont les plus réticents (46%).
Mouvements anti-vaccin
De son côté, le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) est monté au créneau pour mettre en garde contre les risques d'une vaccination massive. «Le vaccin H1N1 est particulier (fabriqué rapidement dans un cadre réglementaire dérogatoire, avec présence discutable d'un adjuvant)», a pointé le SNPI. Selon le syndicat, à peine un peu plus d'un quart des infirmières accepteraient d'être vaccinées. Parallèlement sur internet, des mouvements anti-vaccins s'organisent. Sur YouTube, un clip dénonce avec force images de seringues la «Big pharma». Sur Facebook, un groupe «Refusing the H1N1 Swine Flu Vaccines» appelle à rejoindre les opposants à la vaccination.
Un risque individuel mal perçu
«La vaccination est la stratégie la plus efficace pour lutter contre la grippe», rétorque le président du Comité technique des vaccinations (CTV), Daniel Floret. «On est dans une société individualiste. Or, la gestion d'une pandémie, c'est clairement un risque de groupe. Et si on ne peut pas avoir une action collective pour essayer de contrer cette épidémie, ça ne marchera pas», souligne pour sa part le virologue Bruno Lina, qui préside le Groupe d'expertise et d'information sur la grippe et sa prévention (Geig - laboratoires). Or, à ce stade, le risque individuel n'est pas clairement perçu. Les gens en bonne santé «ont le sentiment que c'est en se vaccinant qu'ils prennent un risque et pas en étant infectés», explique le Pr Lina. «Il va falloir être suffisamment convaincant pour dire qu'on a des éléments d'évaluation qui permettent d'affirmer que le vaccin est à la fois sûr et efficace», estime le professeur.
«La gestion d'une pandémie, c'est clairement un risque de groupe.»
