Lorie. L'optimiste
Le méga-show au décor futuriste de Lorie fait étape ce soir à Morlaix et jeudi à Lorient. Entourée de ses musiciens et danseurs, la jeune femme vient présenter les chansons de son nouvel album,« Rester la même ».
« J’vais pas changer puisque c’est comme ça qu’on m’aime», chante Lorie avec une logique imparable. Les paroles sont extraites de « Rester la même ». C’est l’une des 17 chansons de son dernier album-studio, celle qui a donné son titre à l’opus. Et c’est vrai qu’elle est aimée Lorie ! Ses cinq premiers albums (dont deux live) totalisent plus de trois millions d’exemplaires vendus à ce jour. Même score pour ses onze singles. Et dès qu’elle propose une rencontre à ses fans, ils cassent leur irelire pour accourir au rendez-vous. A l’américaine La tournée marathon 2004 de Lorie (120 concerts) a attiré plus dde 600.000 spectateurs ! Une majorité de préados accompagnés de parents à qui la chanteuse offre un méga-show à l’américaine avec musiciens, danseurs, grand décor, écrans et tout le toutim. L’occasion de s’en mettre plein les yeux, plein les oreilles et de recharger les batteries de bonne humeur, tant la belle bête de scène a l’optimisme contagieux. Née Laure Pester le 2 mai 1982 au Plessis-Bouchard, dans le Val d'Oise, Lorie a vite développé ses talents : danse dès ses trois ans, patinage artistique jusqu’à ses quinze ans. Mais alors que se profilaient les championnats de France, une fracture du genou l’a obligée à reconsidérer son avenir. Son sport lui avait donné le goût du spectacle : elle serait chanteuse. Internet a été la porte de passage du rêve à la réalité. Lorie avait su convaincre un producteur-auteur-compositeur, le Français Johnny Williams, de son gros potentiel. Il lui a permis de réaliser la maquette de « Près de moi » en 2000. Proposé sur le web, le titre a généré une avalanche de téléchargements. Du coup, Sony s’est intéressé au phénomène Lorie. On connaît la suite. « Amour XXL » Le seul endroit où la jeune femme tienne en place est le Musée Grévin, où elle a déjà sa statue. Sur scène, elle est intenable, à la plus grande joie de ses fans. Dès ce mercredi à Morlaix et jeudi à Lorient, ils vont pouvoir lui témoigner leur « Amour XXL », pour reprendre le titre d’une de ses nouvelles chansons.
Je me bats avec Lara Croft sur l’écran
Nous avons joint récemment une Lorie spontanée et enthousiaste. Elle rythme ses réponses de francs éclats de rire.
La nouvelle tournée a démarré. Quelles sont vos sensations ? Ça fait du bien ! On retrouve l’équipe - parce qu’on est 80 sur les routes tous les jours -, on repart en famille et on retrouve tous nos fans dans chaque région de France. C’est génial ! Quel répertoire proposez-vous cette fois-ci ? Beaucoup de chansons du nouvel album plus les incontournables. Pour les anciennes, il y a ce bon vieux medley qui marche toujours très fort. On l’a retravaillé avec uniquement des percussions. Il y a d’autres vieilles chansons que je reprends en entier, mais dans des versions complètement différentes. Par exemple, si c’était un rock, on s’est amusé à en refaire une version très cool : on aime bien surprendre les gens ! Et côté décor, quelles surprises avez-vous concoctées ? Je voulais encore un gros décor assez futuriste, métallique, avec toujours des écrans, des lumières qui bougent, des effets visuels, des effets spéciaux, des tours de magie. Quel genre de tours de magie ? Des apparitions (rires) ! Il y a des tableaux où on ne sait pas d’où j’arrive ni comment, mais je suis là ! Il y a aussi de l’interactivité avec les écrans. Par exemple, sur une chanson qui s’appelle « Game over », je parle d’une Lara Croft qui m’a piqué mon copain. Et en fin de compte, je me bats avec cette Lara Croft sur l’écran (rires). Pourquoi ne vous contenteriez-vous pas d’un récital plutôt que de présenter un méga-show ? Je pourrais sûrement chanter une chanson en robe noire debout devant un micro mais une heure et demie comme ça, non, je m’ennuierais vite. J’ai besoin d’aller devant le public, de parler aux fans, de rigoler avec eux, de bouger ! De toute façon, quand une chanson est rythmée, je ne peux pas m’empêcher de danser, de courir dans tous les sens ! J’aime bien aussi quand tout le décor correspond à l’univers de la chanson. Par exemple, je chante « Fashion Victim’ » dans une ambiance assez barjo, très colorée. Les danseurs sont habillés vraiment très fashion, dans les écrans c’est pareil. Combien êtes-vous sur scène ? Sept musiciens et dix danseurs. Dont mon chéri ! C’est merveilleux de pouvoir partir en tournée ensemble ! On a tous les deux la passion de la scène, tous les soirs on s’éclate ! C’est super de pouvoir partager ça avec la personne qu’on aime. Participez-vous à la conception des chorégraphies ? Je travaille avec un Américain, Geo, qui a déjà bossé pour les plus grands aux Etats-Unis : Jennifer Lopez, Will Smith, Britney Spears, Michael Jackson... Il est venu deux mois sur Paris et on a conçu les chorégraphies ensemble. J’avais mes petites idées sur les mises en scène. Je lui ai donné l’esprit des tableaux et lui a vraiment créé les pas. Y a-t-il des trucs qui vous permettent de chanter et danser à la fois pendant tout ce temps ? Il y a d’abord toute la préparation en amont de la tournée. J’ai beaucoup travaillé avec un coach sportif pour acquérir la condition physique. Et puis deux à trois fois par semaine également avec une coach vocale : exercices de respiration, poser la voix et tout ça. Elle me faisait chanter mes chansons en sautillant (rires) ! Sur scène, le fait d’avoir dix personnes avec moi qui dansent à fond fait que je ne suis pas obligée d’en faire autant. Je bouge la tête, lève un bras mais n’en fais pas tant que ça. Les gens pensent que je danse à fond mais voilà, il y a des petites astuces (rires). Sans la scène, auriez-vous toujours envie de chanter ? Oui, bien sûr, mais la scène, ça reste le plus beau des cadeaux. Etre en face de ses fans qui chantent, qui connaissent tout par cœur : j’adore ! Quel est le public de Lorie en 2006 ? Mon public grandit. A mes premiers concerts venaient les mamans qui emmenaient les petites filles. La tournée suivante, les mamans venaient avec leurs copines et leurs petites filles. Et cette année, ce sont les grands frères et les papas qui amènent les petites filles ! C’est familial quoi. Que pensez-vous des ancien fans qui décrochent parce qu’écouter Lorie, ça ne fait pas grand ? Oh, il y en a beaucoup des comme ça ! Il y a des ados qui me disent, tu sais, nous on est super fans de toi mais on ne peut pas le dire au lycée parce que c’est la honte (rires) ! Mais bon, ce n’est pas grave, arrivés à un certain âge ils vont s’assumer et puis voilà. En France, on aime bien mettre des étiquettes. Pourquoi avez-vous jugé nécessaire d’affirmer que vous restez la même ? C’est un message aux fans. Pendant l’enregistrement du nouvel album, je voyais la tournure qu’il allait prendre, la couleur qu’il allait avoir. On a osé des choses nouvelles : faire du R’n B, de l’électro, mettre du rap. Et puis j’arrivais avec un nouveau look, une nouvelle coupe de cheveux... D’ailleurs, quand j’ai lu que cette histoire de coupe de cheveux avait fait une histoire nationale, je me suis dit holala, je ne peux même plus faire ce que je veux (rires) !!! Je sais qu’il y a des fans qui attendaient cette évolution. « Rester la même », c’est pour les autres qui auraient pu avoir peur, leur dire ne vous inquiétez pas : je grandis, j’évolue, mais au fond de moi je suis toujours pareille. Qui a écrit « Rester la même » ? Une très bonne amie à moi, une amie d’enfance. C’est elle aussi qui m’avait écrit « La positive attitude » et d’autres chansons qui me ressemblent tellement elle me connaît bien. Vous aviez demandé à Jean-Jacques Goldman de vous écrire une chanson. Effectueriez-vous la même démarche auprès d’autres artistes ? Oui : j’aimerais bien avec Corneille. J’aime beaucoup ce qu’il fait, son écriture. Et puis après, dans les Américains, j’aimerais bien Lenny Kravitz. On tape haut hein, ça vaut mieux (rires) ! Comment vous voyez-vous dans dix ou vingt ans ? Ouaoh ! J’espère professionnellement être toujours là, faire toujours des concerts parce que c’est ce que j’aime. Avec en plus de petites expériences dans le cinéma et dans la production de jeunes artistes. Et puis être maman !
Propos recueillis par Frédéric Jambon
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