Comme le chante son nom, Marc Di Napoli a des racines italiennes. Son père vient des Pouilles. Il est monté à Paris au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et chante dans les cabarets. Sa mère est Beauceronne.
ENFANT COMÉDIENMarc est né en 1953 et, dès sa jeunesse, baigne dans le terreau culturel familial. Il fait en effet partie des enfants comédiens de Paris avec Patrick Maurin, alias Patrick Dewaere, jouant à l’ORTF (dans des dramatiques interprétées en direct), à la Comédie Française et dans les théâtres de la capitale. « C’était la belle époque de l’ORTF, une France qui ne parlait pas d’être une exception culturelle mais qui l’était dans ce qu’elle produisait. Alors qu’aujourd’hui on parle d’exception culturelle et c’est beaucoup plus difficile à établir », commente l’artiste. « Au théâtre de l’Odéon, j’ai connu et travaillé avec Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud mais je ne les ai pas fréquentés puisque j’étais trop jeune. C’est une belle période », ajoute le peintre. A 14 ans, il est Huckleberry Finn dans « Les aventures de Tom Sawyers ». Son frère Stéphane tourne aussi dans des séries populaires comme « Les aventures de Poly ».
En 1972, Marc joue le cousin de Brigitte Fossey dans « Les Gens de Mogador » avec Marie-France Pisier. L’année suivante, c’est à Carole Bouquet qu’il donne la réplique dans « La famille cigale », dernière série télévisée dans laquelle il apparaît. Il découvre aussi la Bretagne avec Jean-Yanne et Caroline Cellier pour le tournage de « Que la bête meure » de Claude Chabrol. Il y revient sur les scènes théâtrales de Brest et Nantes en 1972 avec la troupe de Sacha Pitoeff.
RUPTURE POUR PEINDRE Parallèlement, Marc Di Napoli nourrit une curiosité immense pour l’art et notamment la peinture. « J’avais aussi le sentiment d’avoir fait ce métier de comédien d’une façon assez complète, à savoir le théâtre, pas des moindres, le cinéma, la télévision, les séries, les dramatiques, les doublages de films, la radio... On ne naît pas peintre. On le devient. C’est un travail de patience. Et il y a un moment où il faut faire des choix ». Diplômé des Beaux-Arts de Paris, le jeune artiste décide de se consacrer uniquement à la peinture. Cette rupture est marquée par son arrivée en Bretagne chez un ami d’enfance, près de Pont-Aven, à Kermeurzac’h. « Etant de nature méditerranéenne, la Bretagne n’était pas la direction la plus confortable mais c’est souvent dans les oppositions et les contradictoires que naît la création. Ce n’est pas une recherche de difficulté mais on a besoin de se heurter quand même aux choses comme pour faire un peu d’étincelles. Et je pense que j’ai fait le bon choix en venant ici ».
Marc Di Napoli a installé son atelier à Concarneau il y a une vingtaine d’années pour ne plus en partir. Il travaille autour du thème du sacré. « Passionné par les maîtres du quattrocento, je me suis dit que j’allais essayer de faire un peu comme eux. Et en fin de compte c’était mon écheveau, comme s’il y avait une continuité possible entre un peintre du quattrocento et un tout jeune peintre du XXe siècle ». Avec beaucoup de délicatesse, Marc Di Napoli a également abordé les thèmes des costumes et coiffes traditionnelles bretonnes à travers un regard pictural et non d’ethnologue. Ce travail a d’ailleurs fait l’objet d’un livre avec son ami Yves-Pascal Castel aux éditions Equinoxe.
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Nous avons rencontré Marc Di Napoli dans son atelier concarnois où le peintre nous a montré les esquisses d’un étonnant projet qu’il mène avec l’historien d’art Yves-Pascal Castel : rendre au calvaire de Plougastel-Daoulas sa polychromie.
Yves-Pascal Castel. « La pierre nue, brute, était intolérable »
Spécialiste du statuaire breton, Yves-Pascal Castel nous a livré quelques éléments historiques sur le calvaire de
Plougastel-Daoulas
« Il est de notoriété publique que l’érection du calvaire de Plougastel-Daoulas (180 figures réparties en 28 scènes) est le résultat d’un voeu émis par le sieur de Kérérault lors d’une épidémie de peste. Selon la légende, celle-ci venait évidemment de l’autre côté de l’Elorn, c’est-à-dire du Léon. Vous voyez la gentillesse... Les dates gravées sur le calvaire situent sa construction entre 1602 et 1604. Son auteur est anonyme. Je l’ai appelé le « Maître de Plougastel » puisque son oeuvre majeure a été le calvaire de Plougastel-Daoulas même si l’on retrouve ses sculptures à l’hôpital de Morlaix, à la chapelle Saint-Tugen de Primelin (Cornouaille) ou au bas du porche de l’église de Guimiliau dont le haut a été sculpté par Roland Doré qui avait son atelier à Landerneau et qui a vraisemblablement pris la suite du « Maître de Plougastel ». On sait que les calvaires étaient peints. La pierre nue, brute, était intolérable pour ces gens-là. Contrairement à ce que l’on pense aujourd’hui, ce n’était ni plus naturel ni plus vrai. Vers 1830, il existe le témoignage d’un dénommé Brousmiche qui a vu une restauration peinte du calvaire de Plougastel ». Yves-Pascal Castel est l’auteur d’un atlas des croix et calvaires du Finistère. Il vient également de publier un Guide des sept grands calvaires bretons (éditions Minihi-Levenez)