Depuis quand collaborez-vous ?
Laurence Durand. - Depuis trois ans. Mais cela fait 13 ans que j’ai rencontrée Yveline en participant à l’atelier théâtre qu’elle animait.
Quelles professions exerciez-vous alors ?
]LD.- J’étais kinésithérapeute et Yveline institutrice. Et même si ça peut ne pas sembler évident, dans nos métiers respectifs, nous contions déjà. Je me servais beaucoup de la parole lorsqu’il s’agissait de mettre un enfant en confiance avant un acte de kiné difficile. Et contes et comptines font partie intégrante de la profession d’institutrice.
Qu’est-ce que cela veut dire, être conteuses aujourd’hui ?
Yveline Méhat.- Savoir beaucoup d’histoires, avoir un répertoire adaptable à toutes sortes de situations et de publics. Ça veut dire aimer les mots, aimer raconter, aimer les gens aussi.
LD.- Oui, il faut être habité de l’envie de rentrer en relation avec eux, de partager un moment fort, un moment d’amour ! C’est interactif d’être conteuse !
Quels sortes de contes dit-on en 2005 ?
YM.- Les histoires sont les mêmes depuis des milliers d’années, seulement elles se renouvellent constamment avec chaque génération.
LD.- Aujourd’hui, on remarque une tendance plus forte à théâtraliser le conte. Ce n’est pas notre cas.
Est-ce plus compliqué de conter à deux ?
YM.- C’est à la fois plus compliqué parce qu’il faut que nous calions ensemble un minimum de choses, mais c’est beaucoup mieux (rires), parce que ça offre une respiration vraiment autre.
Comment élaborez-vous vos spectacles ?
LD.- On choisit d’abord des histoires qui nous parlent, qui éveillent en nous l’envie de les dire. Ensuite on se livre à un travail de réappropriation qui passe par beaucoup d’improvisations. Certaines fois on utilisera de la musique et du mime, d’autres non. On essaie de surprendre le public, de varier, et surtout d’être fidèles à ce que l’histoire nous inspire.
D’où viennent vos contes ?
YM.- Des livres qu’on a lus, de ceux qu’on a entendus dire par d’autres conteurs, sans oublier ceux qui nous restent de l’enfance et qu’il ne faut surtout pas négliger. Ils naviguent sous différentes formes dans le monde. On s’aperçoit qu’un conte qu’on croyait bigouden est coréen et vice-versa. Les histoires voyagent.
En écrivez-vous également ?
LD.- Yveline vient d’écrire un recueil qui paraîtra en mars. Il s’intitule «Le marchand de pets parfumés et autres contes inconvenants» (rires).
Vous allez présentez trois spectacles différents au festival Grande Marée. Pouvez-vous nous les présenter ?
YM.- Celui qu’on jouera en premier ne sera pas tout public puisque cela se passera à la maison d’arrêt de Brest. Il s’appelle «Mots Croisés» et propose des contes assez longs. On part d’Irlande, on arrive dans le désert, on retourne en Bretagne: c’est un voyage.
Nous allons également animer deux ballades contées. C’est une de nos spécialités. On raconte une histoire choisie en fonction des lieux. D’autres petites histoires viennent se greffer autour d’elle.
LD.- Il y a aussi «Koum le loup» qui est notre spectacle pour enfants. On y revisite les histoires qu’on a entendues dans notre enfance autour du loup mais en adoptant un autre point de vue. Celui du loup en général.