Pontivy. Le meurtrier présumé placé en détention
L'auteur présumé du meurtre de Stéphanie Ropers a été mis en examen, hier, à Lorient, pour enlèvement ou séquestration suivi de mort, mais aussi pour viols sous la menace d'une arme. Il a été placé en détention, hier soir, à la maison d'arrêt de Rennes.Le doute subsistait encore. Mais les résultats d'analyse l'ont confirmé, ajoutant au drame le sordide. Stéphanie Ropers a été violée à plusieurs reprises avant d'être étranglée.
L'auteur présumé des faits l'a reconnu, hier après-midi, au cours de sa première et longue audition devant le juge d'instruction désigné par le parquet de Lorient.
La nuit où tout a basculé
« Il n'y a aucune ambiguïté sur les faits. Mais il ne s'explique pas ce passage à l'acte et cette violence », confie son avocate, Catherine Corfmat.
Après des aveux circonstanciés devant les enquêteurs, Jean-Michel François, âgé de 24 ans, a de nouveau déroulé le fil de la nuit où tout a basculé face au magistrat instructeur qui l'a mis en examen.
Le 14 juillet, l'agent de sécurité sans emploi a décidé de quitter le domicile familial de Granville (Manche) pour Pontivy, une région qu'il connaît pour y avoir vécu plusieurs années. Il souhaitait renouer avec sa soeur qu'il a perdue de vue depuis 2003. Après une première nuit passée dans sa voiture, il a poursuivi ses recherches. En vain. Cette errance l'a conduit la seconde nuit devant le pub Le Tavistock, un établissement qu'il n'aurait jamais fréquenté auparavant, au moment même où la jeune serveuse fermait. « Il l'a vraiment croisée par hasard. Il ne l'avait jamais vue auparavant », a souligné son avocate en écartant toute préméditation.
Pourtant, ce soir-là, il était en possession d'un pistolet. « À plombs », a-t-il précisé devant le juge des libertés et de la détention. Sous la menace, il s'est fait remettre le fonds de caisse du bar, estimé à 300 €. Puis il a obtenu 300 € retirés dans un guichet automatique. Les 600 € n'ont pas suffi. Le cauchemar de la victime s'est poursuivi à Noyal-Pontivy. Il a abusé d'elle et l'a tuée. Il a ensuite transporté le corps sans vie de la serveuse dans un endroit isolé à Crédin, un village où il a vécu.
Puis, c'est la fuite en avant vers le sud, jusqu'à Sète.
Deux lettres d'explications
« Il avait laissé des indices. Il savait qu'il était ferré. Les moyens mis en oeuvre ont permis de relever de nombreux éléments matériels », précise une source proche de l'enquête.
Au moment de son interpellation, les policiers retrouveront dans le véhicule deux lettres d'explications (l'une adressée à sa mère, l'autre aux gendarmes) laissant supposer qu'il envisageait de mettre fin à ses jours.
Le meurtrier présumé, décrit comme un jeune homme introverti et solitaire, semble avoir décidé de livrer de nombreux détails. Mais ses auditions n'ont pas encore éclairé toutes les zones d'ombre de cette affaire. Notamment la présence des deux bidons d'essence retrouvés à proximité du cadavre. « Cette question n'a pas encore été abordée », affirme son avocate.