La construction s’essouffle pour la première fois depuis plusieurs années en Bretagne, faut-il y voir le début d’une baisse durable ? Par rapport au premier trimestre 2007, le nombre de permis de construire de logements est passé de 11.277 à 9.876 début 2008, soit une baisse de 12 %. Une baisse certes sensible, mais le nombre de mises en chantier est resté stable sur ce premier trimestre, 6.895 en 2007 contre 6.906 en 2008. On ne peut pas parler de récession, mais plutôt de coup de frein, d’atterrissage en douceur du secteur du bâtiment en Bretagne, comme en France. Depuis 2000, on a beaucoup construit, on arrive à une certaine saturation du marché. En Bretagne, les bassins de Rennes et du Trégor sont les plus concernés. Plusieurs explications peuvent être avancées : les taux des prêts qui grimpent et leur durée qui s’allonge, le pouvoir d’achat qui se tasse alors que les coûts alimentaires augmentent. Il faut aussi reconnaître que beaucoup de logements locatifs ne correspondent pas aux attentes du marché,
que les investisseurs ont parfois du mal à trouver des locataires en raison de loyers trop élevés. Quant aux 500.000 logements locatifs publics promis annuellement par Jean-Louis Borloo, on se demande comment ils seront financés.
La profession est-elle inquiète pour les temps à venir ? Non, on ne peut pas dire que la profession soit inquiète, mais elle est vigilante. Les carnets de commandes des entreprises restent corrects, avec une visibilité de six à sept mois en moyenne, jusqu’à la fin de l’année. Pour la suite, il est difficile de faire des prévisions. Mais il n’y a pas de scénario de rupture. Le secteur du BTP breton a beaucoup embauché et prévoit 9.000 recrutements, notamment des maçons, en 2008 selon l’enquête de l’Assedic. Ce qui prouve que la profession garde confiance.
La situation nouvelle risque d’accentuer la concurrence, le prix de la construction va-t-il baisser ? Le nouvel équilibre de l’offre et de la demande va augmenter la concurrence, les délais d’attente seront sans doute raccourcis pour le client. Cette concurrence pourrait influer sur les prix de la construction, mais la nouvelle réglementation thermique issue du Grenelle de l’Environnement, visant à améliorer l’isolation et les performances des matériels de chauffage, risque aussi de peser sur les coûts de revient. Nous devrons former nos salariés à ces nouvelles techniques. Le bâtiment est en train d’amorcer un nouveau virage.