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Robert Dussey. « Des avancées démocratiques en Afrique »
Robert Dussey, conseiller du président du Togo, appartient à la nouvelle élite africaine. Il publie « L'Afrique malade de ses hommes politiques » (éditions Jean Picollec). Un réquisitoire, mais aussi un message d'espoir pour ce continent. Au début des années 70, René Dumont publiait « L'Afrique noire est mal partie ». Près de 40 ans plus tard, son diagnostic est-il toujours d'actualité ? À vrai dire, les choses s'améliorent dans certains pays. Sur les 53 Etats que compte l'Afrique, certains vont mieux, mais force est de constater que dans beaucoup d'autres, les choses ne sont pas vraiment améliorées. Et si on relit aujourd'hui René Dumont, on se rend malheureusement compte que son diagnostic est toujours d'actualité. On peut toutefois changer les choses à condition que la nouvelle élite qui arrive au pouvoir fasse preuve de responsabilité. Cette nouvelle élite formée dans les grandes universités occidentales doit être consciente des enjeux. S'il y a la volonté de construire un Etat de droit et la volonté d'instaurer la démocratie et de respecter les droits de l'Homme, alors les pays africains accéderont à la bonne gouvernance. Vous plaidez pour la démocratisation et le respect des droits de l'Homme, alors que vous conseillez le fils et successeur d'un homme - le général Gassimbe Eyadema - qui a été un dictateur emblématique de votre continent. N'y a-t-il pas là une contradiction ? Le président Faure est d'abord un ami de longue date. Il a la volonté réelle d'instaurer la démocratie au Togo. Si cela n'avait pas été le cas, je n'aurais pas accepté de travailler à ses côtés. Dans ce contexte, ma fonction auprès de lui consiste à élargir la base politique au Togo afin de construire une démocratie authentique. Au-delà du Togo, je pense que, bien que l'Afrique présente des éléments parfois désespérants - comme le Zimbabwe de Robert Mugabe - il existe des avancées démocratiques nombreuses et significatives sur le continent. Mon but est de tirer la sonnette d'alarme auprès des responsables politiques africains afin qu'ils oeuvrent en faveur du développement à travers des politiques d'éducation et de santé publiques profitables aux populations. Cette voie est, à mes yeux, la seule façon d'effacer les fautes commises par les pères de l'indépendance africaine. Est-ce que ce que l'on a appelé la « France-Afrique » a définitivement pris fin ? Elle est en train de prendre fin. Il y a certes encore quelques réseaux qui fonctionnent. Mais ce que cette notion signifiait par le passé est en voie de disparition. Les élites africaines qui arrivent au pouvoir, même si elles ne sont pas aussi exemplaires qu'on pourrait le souhaiter, vivent autrement les relations des pays africains francophones avec Paris. Et je crois que Paris vit la même évolution. Le monde bouge ; l'Afrique également. Les réseaux d'influence français ne sont-ils pas en passe d'être remplacés par d'autres réseaux américains, russes ou chinois ? On voit effectivement se constituer des réseaux de ce type, surtout dans les pays africains anglophones. Les plus importants réseaux sont chinois.


Sources
Le Télégramme
25/07/2008
Rubrique: France
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