Birmanie. Le pont aérien démarre très timidement
U ne semaine après le cyclone, la junte birmane a autorisé, du bout des lèvres, les Nations unies à poser deux avions à Rangoon pour apporter une aide d'urgence .Les avions transportant notamment des biscuits hautement énergétiques et des kits médicaux ont atterri dans la capitale économique birmane et deux autres devaient suivre, selon des responsables onusiens.
Selon les autorités, le cyclone du 3 mai a fait au moins 22.997 morts et 42.019 disparus, mais la chargée d ' affaires américaine en Birmanie a estimé que le bilan pourrait dépasser les 100.000 morts étant donné le manque de nourriture, d ' eau potable et les conditions d ' hygiène déplorables. L ' Organisation mondiale pour la santé a fait état de cas de paludisme et craint des épidémies. L ' U nicef envoie trois millions de comprimés de purification de l ' eau.
Des responsables onusiens estiment que la catastrophe pourrait avoir fait un million de sans-abri.
Une méfiance réciproque
Mais malgré les inondations, la faim et la maladie, le pays reste très fermé aux étrangers. Selon un porte-parole de l ' O nu à Bangkok, Richard Horsey, 30 à 40 demandes de visa ont été déposées par les agences onusiennes et des organisations non gouvernementales. S a plus proche alliée, la Chine, a exhorté hier la junte birmane à « coopérer avec la communauté internationale ».
Le régime isolé n ' a pas plus répondu aux offres d ' aide des Etats-Unis, qui disposent de navires militaires prêts à intervenir dans le golfe de Siam et proposent de dépêcher des avions.
Mais la méfiance prévaut dans les deux sens. Selon Amnesty International, certains donateurs attendent des garanties contre le détournement de l ' aide par la junte .
Des largages
sans accord préalable ?
Pour contrer cette éventualité, les Etats-Unis ont déclaré hier se préparer pour des largages d'aide aux sinistrés du cyclone tout en se passant de l'accord de la junte birmane. Une suggestion faite par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Les Etats-Unis ont rappelé qu'ils avaient déjà participé à une opération similaire dans les années 90, au Kosovo.