UIMM. Nouvelles accusations visant le CNPF et la CGT
Un témoignage , recueilli par le juge chargé de l'enquête sur les retraits suspects des caisses de l'UIMM , accrédite l'hypothèse que ces fonds ont bénéficié au CNPF, l'ancêtre du Medef , mais aussi à des partis politiques et aux syndicats, dont la CGT . Devant le juge Roger Le Loire, le 16 juillet, Jacques Gagliardi, ancien haut responsable de l ' Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) de 1979 à 1995, a fissuré le mur du silence.
M is en examen pour « recel d ' abus de confiance » dans l'affaire des 16,5 millions d'euros retirés des caisses de syndicat de la métallurgie , il a conforté les soupçons des enquêteurs sur un financement des syndicats et partis politiques par le patronat de la métallurgie.
L ' ancien bras-droit de Pierre Guillen, délégué général de l ' organisation de 1985 à 1995, a ainsi rapport é des confidences que lui aurait faites son patron, décédé le 2 juillet.
Sommes en liquide
« Il m ' en a parlé en me disant qu ' il donnait des sommes en liquide à des syndicats. Il m ' en avait parlé du reste à propos de la CGT parce que c ' était une première » , explique-t-il, selon des extraits de son procès-verbal d ' audition révélés , hier, dans Le Monde.
La CGT percevait ainsi « quelques centaines de milliers de francs tous les ans » , a-t-il affirmé, ajoutant que d ' autres syndicats, comme la CFDT ou FO, bénéficiaient « vraisemblablement » de ces fonds.
Jacques Gagliardi a également évoqué la tradition du financement politique. « Des membres du Parti socialiste y participaient pleinement comme bénéficiaires, y compris Mitterrand » , a-t-il soutenu.
Le CNPF clairement visé
Dans sa déposition, Jacques Gagliardi se montre aussi plus précis sur les largesses consenties au Conseil national du patronat français (CNPF) , ancêtre du Medef . « Un représentant du CNPF venait régulièrement s ' alimenter en munitions auprès de Pierre Guillen. Cette personne repartait avec sous le bras un paquet de la dimension d ' une boîte de chaussures . On peut supposer que ce n ' était pas des petites coupures » , a-t-il confié au juge.
Sur ce sujet , Jacques Gagliardi se dit surpris des déclarations de Laurence Parisot lorsqu ' elle affirme qu ' elle n ' était au courant de rien.
« Je pense que les membres du conseil exécutif du Medef devraient s ' interroger sur ses compétences » , a-t-il ironisé.
La présidente du Medef a toujours soutenu avoir appris l ' existence des pratiques occultes de l ' UIMM lors de la révélation de cette affaire dans la presse en septembre 2007.
En réaction, l e Medef a réaffirmé , hier, la position de sa présidente. En relevant que les déclarations de Jacques Gagliardi « semblent viser une époque ancienne que les dirigeants actuels du patronat n ' ont pas connue » .