Défense. La cure de minceur
« Potion amère » pour les élus locaux, mais « réforme indiscutable » pour le gouvernement : François Fillon a présenté, hier, la nouvelle carte militaire, marquée par la suppression de 83 sites ou unités. La Bretagne enregistre certes des départs mais voit certains de ses sites renforcés.Après une sévère réforme de la carte judiciaire, la Bretagne limite la casse, cette fois-ci, avec les Armées.
« Dans un plan qui prévoit la disparition de 54.000 postes, la Bretagne n'est pas mal traitée », analysait, ainsi, hier le préfet de Bretagne Jean Daubigny, après la présentation de la nouvelle carte militaire faite par François Fillon.
Au total, 83 sites militaires vont être fermés sur toute la France, dont onze dès 2009, le quart Nord-Est de la France étant le plus lourdement touché.
La Bretagne, quant à elle, perdra notamment l'ex-Gerbam de Gâvres à Plouhinec (56) ou le groupe d'études sous-marine de l'Atlantique basé à Brest (voir infographie). « De nombreux personnels vont devoir déménager ou se reconvertir et tout cela ne se fait pas sans difficulté », note le général Louis Dubourdieu, officier général de la zone Défense Ouest. Mais il prévoit un accompagnement « cousu main ». Une cellule d'écoute sera mise en place (tél. 02.23.35.25.00).
400 militaires en plus
à Lann-Bihoué
En revanche, la base de Lann-Bihoué est confortée avec l'arrivée pour 2014 de 400 militaires supplémentaires.
Au total, l'armée de Terre va perdre 20 régiments et bataillons, l'armée de l'Air onze bases aériennes et la Marine une base aéronavale.
Ce qui, selon le Premier ministre, n'empêchera pas la France de rester l'une des quatre grandes puissances militaires au monde. « La stratégie est redéfinie », s'est-il employé à répéter hier, avec « le développement du terrorisme ». Cela passe par une réduction drastique des effectifs consacrés à la logistique - 60 % des personnels actuellement - sans toucher aux unités opérationnelles (40 %).
Bases de Défense
à Rennes et Brest
La nouvelle carte militaire tente surtout de rationaliser les implantations militaires, dispersées actuellement sur 471 communes, avec la constitution de 85 « bases de défense », regroupant des moyens logistiques communs à différentes unités. Dix de ces bases, dont une à Brest et une à Rennes, seront expérimentées dès 2009.
75 millions d'euros
pour l'Ille-et-Vilaine
La réforme doit permettre de « dégager en année pleine deux milliards d'euros sur le fonctionnement des armées », réinvestis totalement dans la modernisation de la Défense, a précisé le chef du gouvernement.
Une enveloppe de 320 millions d'euros sur la période 2009-2015 a été débloquée pour aider les territoires touchés à amortir le choc. L'Ille-et-Vilaine, où les restructurations vont toucher plus de 1.500 personnes, sera dotée de 75 millions d'euros.
Des compensations qui n'ont pas suffi à calmer des élus locaux et l'opposition, qui ont dénoncé une réorganisation « préparée dans l'opacité et la confusion ». « Il fallait le faire », a répondu, laconique, Nicolas Sarkozy, en marge d'un déplacement en Loire-Atlantique.
Pour en savoir plus sur la Défense en Bretagne :
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