Propos maritimes Par Pierre Deloye Turbines à gaz
Dans la Marine américaine, le huitième porte-hélicoptères d'assaut de la classe Wasp, le Makin Island, devait entrer en service en 2007. Mais il n'a pas eu de chance : le chantier où on le construisait, à Pascagoula (Mississippi), s'est trouvé en 2005 sur la trajectoire du cyclone Katrina. Les travaux ont été retardés de plusieurs mois, et on a parlé alors d'une mise en service en 2008. Mais la direction du chantier vient de faire savoir qu'il y a d'importants travaux à reprendre, évoquant des circuits électriques et « différents systèmes », et l'échéance reculerait encore d'un an. Northrop Grumman, propriétaire du chantier, a annoncé qu'il supporterait le coût de ce nouveau retard, qui pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de dollars.
On peut s'étonner que de graves difficultés apparaissent sur la huitième unité d'un programme qui a commencé il y a plus de vingt ans. En réalité, il s'agit d'un bâtiment différent, dont la propulsion, en particulier, a été complètement revue. Pour la première fois sur une unité de ce déplacement (40.000 tonnes à pleine charge), les chaudières et les turbines à vapeur ont été remplacées par des turbines à gaz ; des moteurs électriques (fournis par Alstom USA) ont été prévus pour les vitesses lentes ; tous les auxiliaires sont électriques ; toutes les liaisons nécessaires à la mise en oeuvre de la propulsion et à la sécurité sont sur fibres optiques. C'est peut-être dans ces dernières nouveautés que se sont nichées les difficultés.
Les turbines à gaz, elles, sont bien connues de la Marine américaine, qui en a équipé tous ses destroyers. Elles sont faciles à maintenir et demandent moins de personnel que la vapeur. Hélas, elles sont plus gourmandes, et le pétrole est de plus en plus cher.