Têtes de mort pas vraiment effrayantes, squelettes armés de guitares et lampes à pétrole : les Vieilles Charrues ont décidé de jouer la carte de la piraterie pour leur 17 e édition, et tiennent à le faire savoir.
Cet esprit ne se retrouve pas seulement dans l’imagerie dévoilée lors de la conférence de presse donnée hier, mais aussi et surtout dans une programmation qui aligne ce que la planète rock et ses jeunes pousses proposent de plus prometteur.
Placées sous le signe de la défense de l’hôpital de Carhaix, les Vieilles Charrues veulent être « la caisse de résonance du non aux fermetures de services », a assuré le président de l’asso, Jean Philippe Quignon. Le festival veut aussi entrer en résistance face à un nouveau modèle de festivals.
Festival en résistance
En cause, des événements montés, selon nos pirates, par des « world compagnies » seulement attirées par le business, qui font grimper les cachets et interdisent quasiment l’accès aux principales têtes d’affiches internationales.
« On garde notre identité et nos valeurs qui ne sont pas les leurs. On ne peut entrer en compétition avec eux, ce serait signer notre arrêt de mort. Mais on va continuer à jouer Ligue des champions tout en restant un festival associatif et populaire », assurait, hier, Jean Philippe Quignon (lire également page 3).
Le rock n’est pas mort
La preuve avec une programmation pour laquelle l’équipe des Charrues a mis « ses tripes sur la table ».
Outre les ZZ Top, Ben Harper, Babyshambles et Motörhead déjà annoncés fin février, le rock sera présent en force avec les nouvelles sensations du genre : Gossip, The Hives, Kooks, Gogol Bordello, ou Matmatah, pour son tout dernier concert en France.
La scène française est également fortement représentée : aux côtés d’Etienne Daho et de Vanessa Paradis, Camille, Thomas Dutronc, Christophe Maé, Yelle ou encore BB Brunes défendront les p’tits jeunes aux dents longues. Le groove et l’electro, avec Wax Taylor, Psy 4 de la Rime et Calvin Harris ne sont pas non plus en reste.
Bref, la programmation fait la part belle à ceux qui font l’actualité de la musique, davantage sans doute qu’aux grands noms qui l’ont faite par le passé. Peut-être les deux derniers noms, qui devraient être rapidement dévoilés, pourront-ils satisfaire les nostalgiques...
Pierre Chapin. 26/04/2008.