Charrues. Moisson d’exception
Premier festival de France ! Les Vieilles Charrues le sont déjà depuis longtemps mais le festival carhaisien l’est plus encore cette année, avec une affluence inouïe de 215.000 visiteurs ! Les laboureurs s’emploient désormais à rester au sommet.
Plus que Solidays (160.000 personnes), que les Eurockéennes (100.000), que les Francofolies (80.000). Bien plus aussi que le concurrent costarmoricain - secoué cette année - de Bobital (95.000 spectateurs, contre 140.000 en 2007). Plus, en fait, que tout autre festival français. Avec 215.000 visiteurs (dont plus de 171.000 entrées payantes), de jeudi à dimanche, les Vieilles Charrues ont encore conforté cette année leur position de leader des festivals français, pulvérisant au passage leur précédent record de 203.000 spectateurs en 2006. 215.000 festivaliers? À peu près l’équivalent de la population de Rennes, sur quatre jours, ou, pour être encore plus précis, de celle de Vannes (55.000 habitants), rassemblée quotidiennement à Carhaix, sur la centaine d’hectares (parkings et campings compris) des terrains de Kerampuil. Juste impressionnant. Un public venu de toute la Bretagne - illustration, samedi, sur scène, avec l’énumération par Gad Elmaleh des grandes cités bretonnes, toutes ponctuées de clameurs explicites - et de bien au-delà. Public d’une fidélité exemplaire et dont une bonne partie « vient désormais chaque année aux Charrues, car ce sont les Charrues », se félicitent les organisateurs du rendez-vous. « Nos festivaliers » Les « laboureurs » réunis autour des coprésidents Jean-Luc Martin et Jean Philippe Quignon estiment avoir des « devoirs » envers leurs (« nos ») festivaliers. D’où une volonté de conserver des tarifs abordables pour le plus grand nombre. D’où aussi de légitimes interrogations sur la durée idéale du festival. « Quatre jours avec un démarrage le jeudi me semble être devenu le bon format, considère Jean Philippe Quignon, mais le sujet n’est pas définitivement tranché ». À voir donc en 2009, année où un certain Francis Cabrel devrait enfin découvrir Kerampuil. Il en a envie. L’équipe des Charrues aussi, et depuis longtemps. La rencontre s’impose donc. De bon augure, déjà, pour la 18 e édition du festival carhaisien.
Concerts. les tops, les flops et les autres
Sur le plan artistique, l’édition 2008 restera un grand cru, avec plusieurs concerts marquants, dont quelques moments d’anthologie. Les déceptions ont été plutôt rares.
Les tops. Commençons par ceux et celles dont la prestation restera longtemps imprimée dans les mémoires des festivaliers. Onze noms dans cette catégorie, à commencer par celui des cinq Vikings en costumes trois pièces de The Hives dont le set thermo-nucléaire, dimanche en fin de soirée, s’impose comme « le » concert rock absolu de l’édition 2008. Terrassants de classe et d’énergie, Howlin' Pelle Almqvist et ses acolytes suédois entrent au Panthéon des Charrues. Idem pour les Américains de Gossip, propulsés par l’invraisemblable Beth Ditto, mélange ahurissant de Betty Boop, Janis Joplin et Divine. Chapeau bas aussi devant les performances gonflées de Gad Elmaleh, Camille et Missil. Et pouce levé pour l’impeccable Ben Harper, les foutraques Gogol Bordello, les accrocheurs The Kooks et The Dø, les givrées Maïon et Wenn et les toujours fougueux Matmatah.
Les succès. ZZ Top, Motorhead, Morcheeba, BB Brunes, Etienne Daho et Psy 4 de la Rime ont rempli leurs contrats. Le (très, vraiment très) controversé Christophe Maé aussi.
Les « bofs ». Duffy, dont on espérait plus de chaleur. Vanessa Paradis, mais en progrès par rapport à 2001.
Les flops. Un seul, indiscutable : les ennuyeux Babyshambles du pathétique Pete Doherty. À oublier.
Les malchanceux. Wax Tailor et Does It Offend You Yeah !, pour avoir dû jouer à la même heure que, respectivement, The Hives et Gossip. Les pauvres...
La révélation. Délicat, inspiré, émouvant, le set du Canadien Patrick Watson a fait l’unanimité. À revoir très vite. Vraiment très vite.
Patrice Le Berre - 22/07/2008
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Détonante prestation, dimanche soir, des Vikings « smart » de The Hives, conduits par le chanteur Howlin’ Pelle Almqvist.
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