L’impact économique du tramway ? « Il pourrait concerner une moyenne de 1.000 emplois annuels directs et indirects », évalue Alain Masson, vice-président de Brest métropole océane. À l’orée de ce chantier majeur pour l’agglomération brestoise, une vaste réflexion s’achève, en lien avec la cellule économique de Bretagne, l’ADEUPa et Inforem. Elle a donné naissance à une étude qui a clarifié les besoins. Il s’agira, à 90 %, de travaux publics qui nécessiteront entre 330 et 660 équivalents temps plein. Le pic d’activité devrait culminer en 2010, après une fin 2009 essentiellement dévolue aux travaux de terrassement. Le volume horaire devrait décroître en 2011, avant les finitions l’année suivante, qui mobiliseront encore 300 personnes.
35 autres chantiers
Pas de surprise du côté des métiers mis à contribution : ils vont logiquement des manœuvres aux poseurs de canalisations, en passant par les maçons, les conducteurs d’engins, les constructeurs de voirie, les monteurs en réseau électrique... Mais cet appel d’air survient alors que se profilent trente-cinq autres chantiers dévoreurs de main-d’œuvre sur l’agglomération brestoise. Citons la réhabilitation du plateau des Capucins, la transformation du site de Guenvénez, à proximité de l’île Longue, la rénovation des halles Saint-Louis, de la Maison du théâtre.
.. Voilà 5,5 millions d’heures de travaux également estimées, entre 2009 et 2012. Qui nécessiteront entre 700 et 1.100 équivalents temps plein.
« En deçà de nos besoins »
C’est là que le bât blesse. « Nous nous apercevons que nous sommes vraiment en deçà de nos besoins », poursuit Alain Masson. Certes, la clause d’insertion va être utilisée à plein. Elle permettra de remettre dans le circuit des personnes éloignées de l’emploi. De même, l’offre de formations du CFA de Ploërmel (56), du lycée briochin Freyssinet et du DUT génie civil de Rennes, tous trois positionnés sur le segment des travaux publics, est suivie de près. Mais ce réservoir de sang neuf n’est pas extensible. Et l’agrandissement du CFA de Ploërmel ainsi que la réflexion sur l’ouverture d’une formation en travaux publics au lycée brestois Dupuy-de-Lôme ne se concrétisera sans doute pas à temps.
Un guichet unique envisagé
Face ce constat « préoccupant » de l’aveu de BMO, Raymond Gorrec et Claire Esculier, porte-parole de la fédération des travaux publics, se démènent. « Les travaux publics dans le Finistère, ce sont 4.000 emplois », détaillent-ils. Des dispositifs de retour à l’emploi sont programmés. Un groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification se mobilise. « On peut aussi imaginer des cellules de recrutement qui mettraient en place des formations adaptées ». Un guichet unique, sur le chantier même du tramway, pourrait même être installé pour les personnes en recherche d’emploi.