Il ne reste que les murs en pierre de la chapelle. L'édifice des bénédictines de l'abbaye Saint-Michel de Kergonan a été entièrement ravagé par les flammes. Plus de 80 pompiers, venus de treize centres de secours du département, se sont rendus sur place pour éteindre le brasier et sécuriser les bâtiments adjacents.
Ils étaient une vingtaine, durant la nuit, à assurer une surveillance.
Deux pompiers toujours hospitalisés
Deux jeunes sapeurs-pompiers volontaires de Belz, sérieusement brûlés aux jambes et aux mains en empêchant la propagation de l'incendie aux cellules des moniales, sont toujours hospitalisés à Vannes. Arrivés très rapidement sur l'incendie, le caporal Mickael Presse et le sapeur Laurent Le Dréau ont été les premiers à attaquer le feu. L'urgence était d'empêcher la propagation aux cellules des moniales. Alors qu'ils intervenaient dans une des salles de l'étage, une explosion a projeté sur eux une boule de feu d'une force telle que leur lance a fondu et que leurs masques respiratoires ont pris un coup de chaud. Leurs casques et combinaisons les ont protégés partiellement. Ils ont été brûlés au premier et deuxième degré aux mains et aux jambes. En suivant le tuyau, ils ont néanmoins réussi à s'extraire et ont été immédiatement pris en charge par leurs collègues qui les ont transportés d'urgence à l'hôpital de Vannes. Hier, vers 16 h 30, le major Christian Le Labousse du centre de secours de Carnac s'est rendu sur les lieux où se trouvaient toujours six pompiers. En l'absence de risque de reprise du feu, il a levé le dispositif de surveillance.
« On rebâtit »
L'émotion restait encore palpable chez les religieuses, toujours sous le choc. Bien qu'ayant du mal à se remettre d'un tel événement et ayant eu le sommeil troublé, elles ont trouvé « le réconfort dans la prière » et auprès des nombreux visiteurs venus leur apporter un soutien. Un élan de solidarité a également permis de reloger les bénédictines dont une partie est accueillie dans l'hôtellerie de l'abbaye. Si le bâtiment principal n'a pas été touché, il n'en demeure pas moins que les religieuses ne peuvent pas y loger, les fumées ont tout noirci et les odeurs restent très fortes, malgré les fenêtres ouvertes. « Nous avons du tonus » assurait l'une d'entre elle, « maintenant on rebâtit », expliquait-elle. Avant de pouvoir envisager une reconstruction du bâtiment, des expertises, en cours, devront déterminer l'origine de ce sinistre toujours inconnue. D'ores et déjà, la piste criminelle est écartée. Les enquêteurs sur place sont en contact avec le département incendie de la gendarmerie. L'entreprise qui était intervenue dans l'après-midi sur le toit a également été entendue.