La chapelle Christ, à Guimaëc, est désormais la fierté des villageois. Devenue ruine dans les années 40, cet édifice du XVI e , de type gothique flamboyant, a été l'un des multiples sauvetages initiés par Breiz Santel et son architecte, Léo Goas. Il y a quelques jours, le gros oeuvre, avec remontage des murs, s'est achevé.
Dimanche, la journée du patrimoine sera aussi jour de la fête annuelle de la chapelle, devenue un bel exemple de réhabilitation d'un patrimoine en ruine. La commune de Guimaëc, qui n'a pas eu à débourser un sou, a eu de la chance. Pas moins de trois fondations - dont celle du patrimoine pour 90.000 € -, ont participé, subventions publiques aidant, au financement du gros oeuvre (209.000 €). Reste encore à offrir un toit à l'édifice. « On espère démarrer la charpente et le toit dans un an. On a quelques promesses d'aides », témoigne, confiant, le maire, Bernard Cabon.
Un peu fou
A Lanvénégen, la chapelle de La Trinité, route de Saint-Thurien, attend, elle aussi, une charpente et un toit neufs depuis une trentaine d'années. Cette chapelle du XVI e , elle aussi inscrite à l'inventaire depuis 1949, magnifique dans son écrin de verdure, reste l'un des regrets de Marie-Aimée Bernard, Morbihannaise, présidente de Breiz-Santel. Elle s'apprête à réveiller le dossier, avec le soutien de l'association des Amis de la chapelle, en espérant, cette fois, convaincre les élus. A Coray (29), la chapelle Lochrist, elle non plus, n'a plus de toit. Celle de Lanvoy, à Hanvec (29), vient de faire l'objet de gros travaux mais ce n'est pas fini. A Plogastel-Saint-Germain (29), en lien avec la mairie et des bénévoles, Breiz Santel a pris les choses en main depuis quatre ans. A Trébrivan (22), près de Rostrenen, la chapelle Sainte-Anne, en plein bourg, est désormais debout. Un gros chantier, là aussi, même si l'intérieur reste à restaurer. Tout comme celle de Saint-Laurent, à Kervignac (56), remontée pierre par pierre et où les seuls vitraux manquent. « Elle ressemble à quelque chose d'infiniment solitaire. Elle doit penser que les hommes qui l'ont construite - et pourquoi les pierres ne penseraient-elles pas ? - étaient de braves gens un peu fous qui voyaient des saints partout », écrivait Georges Perros, en 1962, dans « Poèmes bleus », inspiré par la chapelle Saint-They à la pointe du Van, au bout du Finistère. L'hommage du poète aux bâtisseurs d'éternité...
* Breiz-Santel, maison des associations, 6 rue de La Tannerie, 56000 Vannes. Internet : www.breizsantel.org