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Profanations & satanisme Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Chapelle de Loqueffret. Un acte de vandalisme (06/07)

Dans la nuit de vendredi à samedi, dans la campagne de Loqueffret (29), un incendie d'origine criminelle a ravagé une chapelle, dont il ne reste plus que quatre pans de murs comportant divers tags en guise de signature, dont une croix à l'envers et une inscription, TABM. Les enquêteurs font le rapprochement avec des actes de vandalisme aux relents sataniques commis sur des édifices religieux dans sept communes du Sud-Finistère, le mois dernier.

C'est un agriculteur d'un hameau voisin qui a donné l'alerte au petit matin, apercevant au loin un nuage de fumée suspecte à la lisière sud du bois de Bodriec. C'est là qu'est nichée la chapelle de la Croix, halte appréciée des randonneurs, dans la campagne, entre les communes de Loqueffret et Brasparts.

Joyau du XVI e siècle
Arrivés sur place, les pompiers n'ont pu qu'éteindre les braises d'un édifice entièrement parti en fumée, y compris le mobilier et la statuaire, dont une pietà remarquable. Classée monument historique, avec son calvaire et sa fontaine, cette chapelle date du XVI e siècle. Un joyau qu'honorent chaque année les paroissiens de Loqueffret, à l'occasion du pardon, en septembre. Demain, une entreprise locale devait d'ailleurs commencer les travaux d'un chantier attendu, celui de la réfection de la façade ouest et des vitraux, pour un montant total de 300.000 €. Pour les enquêteurs, qui interdisaient l'accès de la zone hier matin, en attendant l'arrivée d'un technicien en identification criminelle, le geste criminel semble ne faire aucun doute, la chapelle n'étant pas électrifiée.

Croix inversée et inscription satanique
Selon le maire de Loqueffret, Jean-Claude Albert, interrogé sur place, la porte d'entrée de la chapelle avait été fracturée et une croix inversée avait été taguée sur l'un des murs. Le commandant Denis Nauret, chef de la compagnie de gendarmerie de Châteaulin et responsable des premières investigations, indiquait que l'inscription TABM était visible à l'entrée de l'édifice. Des indices qui permettraient aux enquêteurs de rapprocher cet acte de ceux qui ont été commis sur d'autres édifices religieux le mois dernier dans le Finistère. À Gouesnac'h, Langolen, Bénodet, Clohars-Fouesnant, Pleuven, Combrit et Plomeur, des calvaires et des chapelles ont été successivement vandalisés puis tagués de croix à l'envers, référence au satanisme. Dans certains cas, les inscriptions TABM ou ABM apparaissaient également, qui pourrait signifier, selon nos sources, « Aryan Black Metal », du nom d'un courant néonazi, ultraminoritaire, de la musique black métal.

Incendie volontaire
Un groupe d'enquêteurs de la gendarmerie du Finistère, assisté de l'institut d'identification criminelle de Paris, travaille sur ce dossier depuis. Ils étaient attendus hier à Loqueffret, où il leur faudra comprendre pourquoi, cette fois, le symbole religieux a été incendié. Rappelons que le Finistère compte à lui seul environ un millier de chapelles et quelque six mille calvaires, dont un bon nombre aussi vulnérables que la chapelle de Loqueffret, particulièrement isolée. La gendarmerie appelle les riverains de ces lieux à alerter la brigade la plus proche en cas de présence suspecte.
Loqueffret. La colère et la peur
Le spectacle de désolation qu'offraient hier aux curieux les cendres de la chapelle de la Croix, à Loqueffret (29), n'a fait qu'accentuer l'émotion, la colère, voire la peur de la population, après l'incendie qui a ravagé l'édifice dans la nuit de vendredi à samedi (Le Télégramme d'hier). C'est une main criminelle qui a mis le feu, après avoir signé son méfait de symboles sataniques.
En une nuit, la chapelle de la Croix a perdu toute sa superbe. De cet édifice flamboyant érigé au XVI e siècle, il ne reste plus que quatre murs noircis et les carcasses calcinées de la statuaire. Sur un pan de mur, on aperçoit distinctement deux symboles tagués à la hâte, un crucifix renversé et les quatre lettres, TABM.

Incompréhensible

Des symboles qu'un groupe d'enquêteurs de la gendarmerie du Finistère, épaulé par des experts de l'identification criminelle, tente d'identifier depuis plus d'un mois, après avoir trouvé ces mêmes signes sur une série de calvaires et de chapelles, vandalisés dans le Sud-Finistère, au cours du mois de mai. En attendant que l'enquête aboutisse, la population locale est en émoi. Samedi, le maire de Loqueffret, Jean-Claude Bernard, était sidéré. « Qui sont ces imbéciles et quel message veulent-ils faire passer en agissant de la sorte ? C'est incompréhensible, absurde... ». Dans le village et les communes alentours, c'est aussi la consternation. Hier, dans les bureaux de vote, dans les kermesses, le sujet était sur toutes les lèvres. Et une certaine crainte n'était pas absente. Est-ce le premier geste d'une série, comme dans le Pays bigouden ? Est-ce que les auteurs sont des gens du coin ?

Tout recommencer

L'association des amis de la chapelle de la Croix, présidée par le premier adjoint au maire de Loqueffret, Yves Guichoux, est sans voix. Aujourd'hui, très exactement, devait démarrer un chantier de rénovation de la chapelle, pour lequel les bénévoles et la municipalité avaient bataillé de longs mois afin d'obtenir le financement nécessaire, soit 300.000 €. Une entreprise locale devait s'y atteler. Aujourd'hui, l'affaire est entre les mains des assurances et on se demande à quoi ressemblera le pardon de la chapelle, en septembre...
Mgr Guillon profondément choqué
« Cet incendie nous choque profondément, tous et toutes, quelle que soit notre option religieuse, parce qu'il porte atteinte à l'un des joyaux du patrimoine religieux de notre région », a estimé, hier matin, Mgr Clément Guillon, au lendemain de l'incendie d'origine criminelle qui a détruit, la veille, la chapelle Sainte-Croix, à Loqueffret. « Il blesse tout particulièrement les croyants que nous sommes puisqu'il équivaut à un refus violent de ce qui a été la raison de vivre de nos ancêtres, depuis plus de quinze siècles, et qui est notre raison de vivre aujourd'hui : la foi de Dieu et le désir de vivre en accord avec l'Évangile », précise Mgr Guillon.

Marie-Line Quéau. 17/06/2007

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