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Prix des lecteurs 2008 Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Adrien Goetz

Ancien élève de Normale sup', agrégé d'histoire, docteur en histoire de l'art... Adrien Goetz est de la race des surdoués ! Ce qui n'empêche pas ce Normand de 42 ans d'avoir de l'humour...


Votre roman a-t-il des bases authentiques ? Manque-t-il effectivement un morceau de la tapisserie de Bayeux ?

Oui, l'intrigue est réelle. On sait qu'il manque trois scènes à ce grand récit épique, la conclusion de la « Telle du Conquest », mais on ne sait rien de plus. Pas même quand ces quelques mètres de lin brodé ont disparu. C'est ce qui m'a donné envie de broder à mon tour, d'inventer un mystère historique qui commence de nos jours mais plonge mes héros dans la plus lointaine histoire, la nuit des temps.


Depuis quand vous intéressez-vous à la tapisserie de Bayeux ?

C'est un souvenir d'enfance : je l'ai découverte lors d'un voyage scolaire ! Ce fut l'origine, sans doute, de ma passion pour l'Histoire, et pour les histoires. C'est un magnifique roman d'aventure en images.


Comment avez-vous travaillé pour écrire votre roman ?

Chez moi, j'ai une étagère entière consacrée au sujet. Mais avant de commencer à écrire un roman, il faut surtout refermer les livres ! Rien n'est plus indigeste qu'un roman « historique » construit à coup de fiches empilées.


Comment avez-vous imaginé l'intrigue « policière » de votre roman ?

J'ai d'abord « vu » mon héroïne : Pénélope, jeune conservatrice du patrimoine, nommée à Bayeux en premier poste, pétillante, caustique, fantaisiste. Dès que le personnage a existé pour moi, je n'avais plus qu'à le plonger dans l'aventure, ce petit matin où l'on fait feu sur la directrice du musée dont elle est l'adjointe... La cavalcade commence alors, une traque qui va la mener jusque sur une mystérieuse île au large du Cotentin...


La monarchie anglaise (d'hier à aujourd'hui) semble vous fasciner : pour quelles raisons ?

Non, ce qui me fascine, c'est la permanence d'une oeuvre d'art : cette « tapisserie » intacte, qui a près de mille ans, et qui est le document fondateur de la monarchie en Grande-Bretagne. Ce que je raconte de la visite à Bayeux du prince et de la princesse de Galles est authentique : j'y étais. Ce pèlerinage aux sources me semble très romanesque. Et si la fin de la tapisserie n'est pas ce que l'on croit, alors elle peut être une sorte de bombe à retardement, une menace pour la couronne, aujourd'hui. Mon histoire commence la semaine de l'accident qui coûta la vie à la princesse Diana à la fin du mois d'août 1997...


Qu'est-ce qui vous a dirigé vers des études d'histoire de l'art ?

J'ai d'abord suivi des études d'histoire. Ensuite, l'amour des musées a tout fait. Si j'aime une ville comme Quimper, par exemple, c'est aussi pour son musée des Beaux-Arts, la plus belle porte d'entrée dans la cité que l'on puisse imaginer, avec ses superbes salles du rez-de-chaussée. J'ai été frappé, récemment, par le fait que, parmi des lycéens de Brest, un ou deux seulement connaissaient le musée de leur ville. J'espère leur avoir donné envie d'en franchir le seuil, et de comprendre pourquoi ce musée, reconstitué après la guerre, fait partie de leur identité, de leur histoire, de leur vie brestoise.


Que vouliez-vous faire dans cette discipline : enseigner, écrire des livres et des articles pour les revues spécialisées ?

Bien sûr, et je suis un enseignant et un chercheur très heureux. C'est une grande chance : faire un métier que l'on aime; et la nuit, quand les cours sont préparés, les copies corrigées, les articles envoyés (toujours en retard !), j'ouvre mes carnets et j'écris des romans.


Comment parvenez-vous à mener de front toutes vos activités (enseignement à la Sorbonne, publications de livres, d'articles).

N'oubliez pas mes activités de vacances : l'association Patrimoine sans frontières, une ONG humanitaire qui intervient au Kosovo, en Albanie, au Cameroun, en Biélorussie... Je m'y suis engagé il y a dix ans, c'est une autre grande passion. En ce moment nous cherchons des dons pour sauver une collection de photos faites au Proche Orient au début du siècle dernier par un archéologue voyageur. Je vous recommande notre site Internet (*), qui rend très bien compte de ces activités en faveur du « patrimoine oublié ».


Pratiquez-vous vous-même un art plastique ?

Hélas ! J'ai essayé de me mettre à la peinture, à la gravure, à la photo, avec une touchante bonne volonté ! Je crois avoir surtout réussi à susciter l'admiration... de ma mère. Elle s'appelle Annick, je l'embrasse !

* http://www.patrimsf.org
Rencontres
Le mercredi 4 juin, Adrien Goetz sera, à 20 h 30, à la médiathèque de Quimperlé et le jeudi 5, à 11 h 30, au siège de la compagnie Brit Air à Morlaix. Rappelons, par ailleurs, que, mercredi prochain (7 mai), Iain Levison rencontrera les lecteurs à 18 h 30 à la bibliothèque de Saint-Brieuc, et que, vendredi (9 mai), Arnaud Le Gouëfflec sera à 18 h à la librairie Dialogues, à Brest.
Intrigue à l’anglaise
À la fin août 1997, quand elle est nommée conservatrice adjointe du centre Guillaume-le-Conquérant à Bayeux, Pénélope Breuil est loin de se douter qu’elle va être entraînée dans une dangereuse aventure. Il manque, en effet, trois mètres à la fameuse tapisserie de Bayeux, qui relate l’expédition en Angleterre de Guillaume, duc de Normandie, et son couronnement. Que sont devenues ces parties manquantes ? Surtout, que représentaient-elles ? Aidée de quelques amis, Pénélope va mener une enquête à la fois artistique et historique. Elle mettra ainsi au jour un complot fomenté par une secte d’illuminés qui contestent la légitimité de l’actuelle monarchie britannique et découvrira aussi pourquoi les Allemands, pendant la guerre, s’étaient tellement intéressés à la tapisserie…
>Adrien Goetz, Grasset, 342 pages, 18 euros.


Adrien Goetz est de la race des surdoués ! Ce qui ne l'empêche pas d’avoir de l’humour... (Photo JP Baltel - Sipa)
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