Le Ponant, voilier de luxe français intercepté vendredi au large de la Somalie , est probablement aux mains du plus puissant des groupes de pirates locaux, les « Somali Marines » . Selon les spécialistes de la piraterie moderne, comme l e journaliste canadien Daniel Sekulich , « étant donné l ’ endroit où le Ponant a été attaqué,
plus au nord dans le golfe d ’ Aden, il a pu être pris par un autre groupe mais ensuite ils sont descendus vers le sud » .
Une grande expérience des négociations
« Cela veut dire qu ’ ils se sont placés sous la protection des " Somali Marines " , parce qu ’ ils avaient peur d ’ être attaqués par la marine française » . Ces « Marines » ont une grande expérience des négociations au long cours avec les armateurs et les propriétaires de navires, toujours via des intermédiaires, et sont capables de garder pendant des semaines leurs otages, qu ’ ils traitent bien, en changeant les équipes de geôliers régulièrement pour éviter qu ’ ils ne nouent des liens avec les prisonniers. Dans le cas du Ponant, les spécialistes prédisent une issue pacifique, avec le versement d ’ une somme par le propriétaire du yacht, le groupe français CGM.
La crise peut durer un mois ou deux
Par ailleurs, hier, Nicolas Sarkozy a reçu les familles des 22 Français membres de l’équipage du voilier de croisière à L’Elysée. Pour ces familles, dont celles de quatre marins bretons, l’attente se fait pesante. Et les nouvelles arrivent au compte-goutte. Par la voix d’Annick Le Loch, par exemple. La députée de la septième circonscription du Finistère a participé, hier, à la réunion de la cellule de crise du ministère des Affaires étrangère. Selon elle, « la crise est susceptible de s’inscrire dans la durée, un ou deux mois selon le Quay d’Orsay ». Côté vie à bord, « selon les informations de la cellule de crise, les conditions sanitaires à bord du Ponant sont bonnes ». Toujours d’après la députée, « seul l’armateur du bateau est en contact avec les ravisseurs, l’Etat français restant pour l’instant en soutien ». Sans doute à la grande satisfaction des familles, Annick Le Loch aurait eu la confirmation que « la voie privilégiée par les autorités françaises pour obtenir la libération de l’équipage et du bateau demeurait la négociation ».
09/04/2008.