L’enquête publique s’ouvre lundi
Principal dossier actuel du Finistère, le projet de parc marin entre, lundi, dans sa phase décisive. Les habitants de 24 communes (dont trois insulaires) vont être consultés par le biais d’une enquête publique. Avec, à la clef, un enjeu national puisque le projet d’Iroise, premier du genre, pourrait servir de référence à une dizaine d’autres projets de parcs marins, en France et Outre-mer.
Depuis des années, deux conceptions s’affrontent à la pointe de Bretagne. Celle des opposants à ce projet qui considèrent que la mer est, par définition, un espace de liberté peu compatible avec toute notion de parc et que la réglementation actuelle suffit à assurer la protection de l’environnement. De l’autre, ceux qui estiment que la mer ne doit pas rester plus longtemps une station d’épuration et qu’entre prolifération des algues vertes et raréfaction de la faune marine, les signaux d’alerte sont là pour signifier l’urgence à se mettre autour d’une table avant que Bruxelles ne vienne rappeler à la Bretagne qu’elle a déjà subi un premier échec retentissant dans la gestion de l’eau potable. Et qu’elle ne peut donc se permettre d’en subir un second avec ses eaux littorales. Communes, conseil général conseil régional... Entre controverses et manifestations, il ne fut pas toujours aisé de s’y retrouver dans ce projet d’autant plus complexe à comprendre qu’il n’y a pas de fiche de montage. La mer d’Iroise, premier site marin retenu en France, est un véritable laboratoire qui a débouché sur la nouvelle loi créant les « parcs naturels marins », spécialement élaborée et adoptée sur la base des réflexions ou oppositions émises à la pointe Bretagne. Place maintenant à la consultation de la population des communes riveraines, comme le prévoit la loi. Vingt-quatre communes au total, de Porspoder à Douarnenez, vont être consultées par le biais de l’enquête publique qui ne concernera pas les dix communes de la pointe du Raz (retenues dans un premier temps), dont les conseils municipaux ont tourné le dos au projet. Elles pourront, cependant, demander leur adhésion ultérieurement, si le projet aboutit. D’autres instances, comme le conseil général du Finistère et le conseil régional de Bretagne, seront elles aussi consultées, et leur poids pèsera également dans la balance. A chacun de s’exprimer Après de multiples réunions publiques, ces derniers mois, l’enquête va se dérouler du lundi 20 novembre au vendredi 22 décembre dans chacune des mairies des 24 communes concernées, parmi lesquelles les trois îles de Sein, Molène et Ouessant. La population aura à sa disposition un dossier complet qu’elle pourra consulter sur place et durant toute cette période, chacun pourra donner son opinion en la consignant sur le registre spécialement ouvert dans chaque mairie. Cinq commissaires enquêteurs, désignés par le tribunal administratif, assureront également des permanences pour recueillir les avis et élaborer le rapport d’enquête qui constituera l’un des bases de la décision finale. Il appartiendra alors au Premier ministre, probablement au printemps prochain, de décider ou non la création de ce premier parc marin français.
Un littoral très découpé
Si le littoral de la pointe bretonne est découpé, c’est le cas aussi de la zone côtière de ce parc, puisque trois cas de figure se présentent pour les communes littorales.
Vingt-quatre d’entre elles sont soumises à l’enquête publique. A l’exclusion, toutefois, des communes de la rade de Brest, comme Plouzané, Brest ou Plougastel, puisque la rade n’a pas été retenue dans le périmètre du parc, en raison notamment des contraintes liées à la présence de la Marine nationale. Il n’y aura donc pas d’enquête publique dans ces communes. Ce territoire n’en serait pas moins associé, via la communauté urbaine de Brest, aux travaux d’un futur comité de gestion. Restent les dix communes de la pointe du Raz, de Poullan à Plouhinec, qui n’ont pas souhaité être associées à la création d’un éventuel parc marin, qu’elles pourront rejoindre ultérieurement si elles changent d’avis. Outre les registres à la disposition du public, les commissaires enquêteurs tiendront des permanences dans une quinzaine de mairies aux jours et dates suivants : Porspoder, le 22 novembre et 13 décembre; Lanildut, les 27 et 30 nov.; Lampaul-Plouarzel, les 20 nov. et 15 déc.; Plouarzel, les 20 et 30 nov. et 22 déc.; Le Conquet, le 21 nov. et les 4 et 22 déc.; Plougonvelin, les 28 nov. et 7 déc.; Camaret, les 27 nov. et 14 déc.; Crozon, les 27 nov., 14 et 19 déc.; Plomodiern, les 7 et 19 déc.; Plonévez-Porzay, les 20 nov. et 22 déc.; Douarnenez, le 20 nov., les 8 et 22 déc.; Ouessant, le 28 nov.; Molène, le 30 nov. et Sein, le 12 déc. Les habitants des communes non desservies pourront se rendre à la permanence de la commune la plus proche. Des permanences seront également tenues, le 5 décembre, de 9 h à 12 h, à la préfecture de Quimper et à la sous-préfecture de Brest, pour ceux qui souhaitent venir donner leur point de vue.
René Perez. 19.11.2006
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