Un historien. « Une gare de triage complètement folle »
« Tout le monde sait qu'il y a un peu de gonflette. Ça fait mauvais effet quand les taux baissent ». Historien de l'Éducation à Paris 5, Claude Lelièvre n'en conclut pas pour autant que le bac est donné.
Pour lui, « il est extrêmement difficile de savoir si le niveau d'enseignement et de résultats a baissé ou pas, d'autant que la question de la norme est très compliquée. Avant, le niveau de performance de ceux qui passaient le bac philo était plus élevé mais maintenant, c'est à travers les maths et la physique que l'on juge ce niveau de performance. Et ce niveau est bien plus fort aujourd'hui dans ces matières qu'il ne l'était jusque dans les années 1970 ».
Non-adéquation
Le vrai problème, pour l'historien, est, en fait, celui du statut du bac ou plutôt des différents bacs. « Dans leur diversité et comme examens de fin d'études secondaires, ils ne sont pas donnés mais, en revanche, ils ne signifient pas la même chose dans la perspective d'entrée à l'université ».
En clair, pour Claude Lelièvre, il y a non-adéquation entre les bacs et l'entrée à l'université. « On a actuellement une gare de triage complètement folle qui fait que deux tiers des places en IUT sont squattés par des bacs généraux ». La solution ? « Faire entrer d'une manière ordonnée les élèves à l'université », explique l'historien. Ce qui, pour Claude Lelièvre, ne veut pas dire sélection mais meilleure préparation. En sachant que, selon l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), il faudrait 50 % de diplômés du supérieur au sein d'une classe d'âge à l'horizon 2020, alors qu'aujourd'hui, en France, on en est seulement à 38 %.